mardi 13 juillet 2010

14 juillet 2010, que célèbre le défilé des troupes africaines?

Demain 14 juillet, fête nationale française, les troupes de treize anciennes colonies françaises d'Afrique vont participer au traditionnel défilé militaire. En cette année qui marque le cinquantenaire de l'accession de ces pays à l'indépendance, la France, nation généreuse, a voulu participer à la commémoration de la l'accession à la souveraineté de ses anciens territoires en les invitant à fêter à Paris, sur les Champs Elysées. Ce défilé organisé par l'ancienne puissance coloniale, puis puissance tutélaire néocolonialiste aux pratiques malsaines dans ses relations avec ses ex-colonies, dont le but est sans doute de symboliser la solide relation familiale qui lie la France à la partie africaine de son ancien empire colonial, est très mal perçu par les Africains. Pourquoi, selon eux, des anciennes colonies vont-elles célébrer leur accession à la souveraineté auprès de la France, l'ex-métropole? L'esclave souhaitant célébrer son affranchissement irait-il le fêter chez un ancien maître qui a laissé un souvenir atroce et qui continue à semer des embuches sur le chemin de son ancien esclave? Les africains y voient plutôt une fête françafricaine; on y célèbre le cinquantenaire d'une entente léonine dans laquelle les intérêts des africains sont systématiquement lésés avec la bénédiction des relais françafricains que sont d'abord les chefs de l'Afrique francophone.
A paris, cette invitation des troupes africaines est plutôt vue comme une façon de célébrer l'histoire commune de la France avec ses anciennes colonies, celles qui ont volé à son secours à une heure critique de son histoire. Dans ce cas, le symbole aurait été plus fort avec un défilé d'anciens combattants africains précédé ou suivi d'une annonce (solennelle) par le Président de la République de l'alignement de leurs pensions sur celles leurs frères d'armes Français.
Le Président de la République , aurait mieux fait de profiter de cet évènement pour donner un coup de balai à ces pratiques dont il annonçait la fin, mais dont la nécessité le firent revenir à une position plus pragmatique: Monsieur Bocquel en sait quelque chose. La mort annoncée de la françafrique n'eut point lieu. De temps en temps, notamment lors du dernier sommet France-Afrique tenu à Nice, des symboles tels que le déjeuner avec les chefs d'Etats du pré-carré, sont abandonnés, mais la vieille pratique, bien ancrée, tient debout malgré les annonces ça et là d'un remodelage de la relation de la France avec ses anciennes colonies. La présence sans cesse croissante de la Chine et d'autres pays émergents sur cet important marché fait envisager à la France une relation plus axées sur des rapports économiques. Ce serait le souhait de tout le monde, des Français y compris. Une relation teintée de barbouzerie, de connivences avec des régimes peu fréquentables et de reconnaissance d'élections peu crédibles, n'honore pas la France qui tient à ses sacro-saints principes républicains. A moins que ces principes soient un luxe qu'il n'est pas souhaitable de proposer aux africains. Dans ce cas, la France aux valeurs universelles qu'on croyait aisément exportables serait-elle républicaine chez elle, mais pas ailleurs.

Cunctator.

6 commentaires:

b-k a dit…

Ils seront tous là les commandeurs de zizis, les grands papas nationaux avec leurs milices habillées en tenue de "fête au bouc". Tous ceux qui aiment rire vont se délécter devant le spectacle offert par tous ces pieds niquez-les qui vont s'efforcer avec leurs pieds dépareillés à marcher d'un seul pas. Le spectacle va être à mourir de rire !
Je ne vous dis pas la honte !
mais les connaisant, ils sont capables de prendre des insultes pour des complements. essayez de les traiter de "bande d'assassins" vous saurez combien ils sont contents de montrer leur nouveau déguisement. Donner un costume neuf à un assassin, ne suffit pas pour en faire un homme libre et de bon ne moeurs !

PNN a dit…

Mais nos papas là vraiment ne connaissent pas la honte. Après tout ce dont on les accuse, ils osent quand même se montrer. C'est qu les papas des blancs aiment bien se commettre avec eux...

b-k a dit…

PNN,
kiéééékiéééé kiéééé kiéééé !
Si vous saviez comme j'étais mort de rire en voyant ces pieds niquez-les défiler devnt une armée républicaine , armée des métiers.
Il avaient tous lair tellement ridicule. Il y a dû avoir du boulot pour faire boîter d'un même pas ces miliciens qui ont du sang des innocents dans les mains.
Il fallait les voir boîter. Quelle honte ! Et notre boîtisseur national grand commandeur des zizis qui salivait devant les hélicos et les chars qui passaient. S'il pouvait les avoir rien que pour lui à Noël, avait en prime quelques petits soldats de plomb, il serait le c... le plus heureux que la terre n'ait jamais portée.
Heureusement qu'il y a eu la pluie pour laver les vrais militaires des odeurs pestilentiels de nos assassins qui étaient de sorties qui exhalaient l'odeur des morts qu'ils avaient sur la conscience à mille lieux par la ronde.

b-k a dit…

Kiéééé kiéééé !
Tu avait le pas des tchadiens qui tapait le sol du talo comme pour ajuster des caussures qui n'étaient pas à leur pointure. Tu avais les mamazones avec les bouteuilles de coca cola bien rebondies chachées dans le treillis militaire tout neuf, suivait les mageurs de singes du Congo qui boîtaient de toute la force de leur coeur pour faire plaisir au commandeur des violences nationales.
Quelle honte !

PNN a dit…

je te jure; le pas de loie des tchadiens m'a trop fait marrer. Mais les congolais étaient sans couleurs, on ne les a presque pas vus.

b-k a dit…

Oui, ils se sont fait discrets nos cobras. Mais ils étaient reconnaissables à leur odeur cractéristique du crime qu'ils exhalent comme une armée de fennecs. Leur patron aussi était reconnaissable par ses toilettes qui le rendent semblable à un taxi bus sénégalais. Avec toutes les marques qu'il arbore (smalto, JFF, Yamamoto, Guggi,...).
Pour les tchadiens tu voulais dire le pas d'autruche plutôt à cause de la proximité avec le désert.
J'ai beaucoup ri devant le cul rebondi façon coca cola des mamazones. Et le voyous de Côte d'Ivoire qui marchaient au pas comme s'il allaient mettre leurs pieds niquez-les sur les fesses de nos belles mamazones !
Mamhéééé !

Par Dominique Ngoïe Ngalla et Philippe Cunctator qui nous livrent leurs réflexions sur le monde d'aujourd'hui : de l'Afrique clopinant sur le chemin de la modernité au reste du monde, de la complexité des enjeux politiques aux péripéties du fait religieux, nous découvrons sous la plume de Dominique l'âme du poète qui rêve d'un autre monde, mais n'oublie ni les brûlures de l'histoire ni la dure réalité du temps présent...

Quelques ouvrages de Dominique Ngoïe-Ngalla...





L'Evangile au coeur de l'Afrique des ethnies dans le temps court
; l'obstacle CU, Ed. Publibook, 2007 .




Route de nuit, roman. Ed. Publibook, 2006.




Aux confins du Ntotila, entre mythe, mémoire et histoire ; bakaa, Ed. Bajag-Méri, 2006.




Quel état pour l'Afrique, Ed. Bajag-Méri, 2003.




Lettre d'un pygmée à un bantu, mise en scène en 1989 par Pierrette Dupoyet au Festival d'Avignon. IPN 1988, Ed. Bajag-Méri, 2003.




Combat pour une renaissance de l'Afrique nègre, Parole de Vivant Ed. Espaces Culturels, Paris, 2002.




Le retour des ethnies. La violence identitaire. Imp. Multiprint, Abidjan, 1999.




L'ombre de la nuit et Lettre à ma grand-mère, nouvelles, ATIMCO Combourg, 1994.




La geste de Ngoma, Mbima, 1982.




Lettre à un étudiant africain, Mbonda, 1980.




Nouveaux poèmes rustiques, Saint-Paul, 1979.




Nocturne, poésie, Saint-Paul, 1977.




Mandouanes, poésie, Saint-Paul, 1976.




L'enfance de Mpassi, récit, Atimco, 1972.




Poèmes rustiques, Atimco, 1971.