mercredi 10 février 2016

L'artiste dans l'Afrique précoloniale

Personne aujourd’hui, même sans y porter un intérêt particulier, n’ignore ce qu’est l’art Africain, formellement, du moins. Présent dans les collections permanentes des plus grands musées du monde, objet de nombreuses expositions temporaires et sujet d’une abondante littérature, l’art africain, notamment la sculpture, son élément majeur quant aux arts plastiques, est bien connu quant à ses catégories, ses nuances. Pourtant lorsqu’on pose le regard sur ces pièces, qui comme les œuvres des autres cultures illustrent la manière spécifique dont une culture donnée conjugue l’universel, et que l’on s’interroge sur ce qu’elles nous disent de notre condition, l’absence d’un élément important pour la compréhension et l’interprétation de cet art se fait cruellement ressentir : l’artiste Africain. Toute œuvre en ce qu’elle est une objectivation des considérations et de la sensibilité propres de l’auteur en porte le cachet. Seulement l’établissement des traits caractéristiques ce dernier ne peut se faire sans un recensement préalable de son œuvre, laquelle est ardue sans l’aide de la signature si son origine ne peut être attestée par aucune tradition. Mais la signature est propre aux civilisations de l’écrit auxquelles l’Afrique subsaharienne n’appartient pas. 
Emprisonnés dans leur anonymat, ces artistes ne se révéleront jamais à nous, nous laissant les imaginer et les deviner à travers leurs œuvres centenaires. Si des indications d’ordre général existent sur les créateurs et le contexte social de leur travail, on ignore tout de ce qui les singularise : le nom, la biographie, la formation, les influences et l’éclosion du génie. Même si ce silence inouï n’ôte rien à la puissance esthétique de l’art africain longtemps relégué dans des sous catégories (art primitif, art nègre), elle prive cependant sa production de l’auréole de sainteté qu’apporte un nom, surtout quand il désigne un maitre, et complique l’établissement d’une histoire de l’art grâce à laquelle s’établissent les généalogies, se mettent au clair influences et apports. Ces œuvres dans leur troublant mutisme, nous révèlent tout au plus leurs origines géographiques et ethniques, et nous laissent dans le trouble dans lequel précipite l’absence de leurs géniteurs. Bien que le créateur d’une œuvre d’art – puisque cette qualité injustement refusée aux œuvres africaines leur a finalement été reconnue -, est un artiste, il ne cesse de peser sur les auteurs Africains piégés dans l’épaisse nuit de l’anonymat, de lourdes hésitations quant à leur reconnaitre pleinement cette qualité.
Deux raisons principales fondent ces hésitations. D’une part, le caractère holiste des sociétés africaines précoloniales ne permettant pas l’éclosion d’individualités capables d’exprimer leur sensibilité ou leur vision propre à travers des œuvres qui en soient le juste reflet ; d’autre part, le caractère utilitariste de l’art africain. En effet, pris sous l’angle de la proximité avec le sacré dont il parait un prolongement en ce qu’il produit des supports cultuels ou des symboles de divinités, les créations africaines ont été réduites à leur aspect fonctionnaliste ; étrangères donc à toute considération purement esthétique et dénuées d’autonomie. 
Or des travaux d’anthropologues et l’histoire de l’art elle-même contredisent de telles considérations, qui établissent que la destination utilitariste ne dévalue les qualités esthétique d’un art donné, et que l’artiste africain partage avec les artistes d’autres horizons des invariants caractéristiques de la condition de créateur. De même que pour les ouvrages de l’art de l’Occident médiéval, dont l’évidente destination religieuse ne remettait pas en cause la vocation au beau, le caractère fonctionnaliste de certains éléments de l’art africain ne leur ôte nullement leurs qualités. L’utile est le beau ne sont pas antinomiques. A ce propos, Michel Leiris affirmait « Les productions plastiques négro-africaines répondent certes à des buts religieux ou magiques, à des butsproprement sociaux, à des buts politiques, à des buts de prestige. Toutefois, cela n'exclut nullement qu'elles puissent susciter une réaction esthétique chez les Noirs Africains qui en usent ou simplement les regardent »
Au XVIe siècle où commencent à peine les relations entre l’Afrique et l’Europe renaissante, l’habileté artistique des créateurs Africains se manifesta impérieusement au jugement des voyageurs Européens. Valentim Fernandes qui l’a évoquée dans ses écrits sur l’Afrique (Description de la côte occidentale de l’Afrique) estime que ces artistes « très habiles et très ingénieux » font de merveilleux travaux en ivoire . Ces ivoireries, essentiellement des objets de la vie courante (cuillers, salières, poivriers, coupes, etc.) sont ouvragés avec tant d’art qu’elles séduisent l’aristocratie européenne, dont elle finit par garnir les collections, reconnaissant ainsi, quoique tacitement, les qualités artistiques des sculpteurs Nègres. Loin des côtes, d’autres matériaux, ouvragés eux-aussi pour servir un quelconque but, sont toutefois d’une remarquable beauté. Les sabres et coutelas exposés au Musée Royal d’Afrique Centrale à Tervuren (Belgique) ainsi que les appuis têtes, pilons en bois sculptés sont si finement travaillés et ornés que ce n’est pas sans peine qu’on se fait à l’idée que des œuvres de cette qualité, révélant la finesse et le talent de leur auteur, aient servi à de telles besognes. Il y au contraire tout lieu de s’en réjouir, car infiniment élégants, les Africains ne reléguaient pas le beau à quelque activité, mais il était exigence dans les moindres gestes de la vie quotidienne
Outre l’indéniable valeur de ses créations articulant exigences esthétiques et finalité utilitaire, le créateur Africain, comme les artistes d’ailleurs, s’il jouit au sein de sa société d’un prestige et de privilèges liés à la haute considération pour son œuvre (plus importants lorsqu’il est artiste par vocation et non par cooptation), partage avec eux le même désintéressement et le même non-conformisme, de sorte qu’il donne l’impression d’être un doux rêveur. En effet, nombre d’entre eux détiennent des charges nobiliaires dans les sociétés centralisées et hiérarchisées, sont exonérés de corvées et d’impôts : privilèges non pas de vulgaires exécutants de commandes, mais de créateurs d’œuvres de grande valeur à qui doivent être épargnés les impédimenta que constituent le travail. Les mécènes Occidentaux l’avaient compris, qui dotaient largement leurs protégés afin que rien ne vînt gêner leur création exigeant une infinie disponibilité d’esprit. 
Philippe Ngalla-Ngoïe

samedi 22 août 2015

L’église Africaine face au phénomène subversif de la sorcellerie.


La croyance en la sorcellerie avec les manifestations plus ou moins, spectaculaires de ses pratiques est généralement liée au niveau de développement primitif des sociétés archaïques. En toute logique, elle fut, en Afrique noire précoloniale, au cœur du système des représentations et des pratiques eu égard au niveau de développement social de l’époque, dans bien des régions, encore male dégagées des lourdeurs du néolithique. L’enseignement des missionnaires chrétiens bouscule les fondements du système de représentation du continent et sur la base des préceptes de l’évangile en proposent une nouvelle définition.

Résultat : au bout de quatre générations, dans les centres urbains ou l’activité missionnaire est plus intense, parce qu’elle est jumelée à la scolarisation, la croyance en la sorcellerie prend une forme plus diffuse au fur et à mesure que le niveau social et d’éducation de la population s’élève. La fin de la colonisation en précipitant dans une profonde misère l’Afrique qui, dans bien des secteurs (santé, éducation, administration) connut une nette régression, la fin de la colonisation donc redonne du nerf aux croyances et aux activités sorcellaires. La chrétienté pendant toute l’ère coloniale, promesse des lendemains meilleurs pour l’Afrique, tant, couplé à l’évangélisation la formation intellectuelle et morale de l’homme était le souci majeur des missionnaires, la chrétienté elle-même ne fut pas épargnée. La politique de l’africanisation des cadres ayant gagné l’Eglise, les missionnaires européens rentrèrent chez eux.

La crise sociale, économique, morale, spirituelle qui frappe de plein fouet les civils atteint aussi le clergé. Depuis le départ des missionnaires, Blancs combien y at il d’hommes d’Eglise africains qui ne tiennent la sorcellerie vulgaire, celle qui explique tout ce qui arrive de contraire à l’homme (maladie, échec dans ce qu’on entreprend, etc.) par une intervention des forces obscures ? Très peu, on peut le craindre. On rencontre des prêtres africains chez qui l’exorcisme, ministère chrétien réserve à certains membres du clergé qui en présentent les dispositions devient une vulgaire opération de sorcellerie. Et puisqu’il en est ainsi, comment s’étonner que des fidèles qui pour leur conduite prennent modèle sur leurs pasteurs, pensent que crédo chrétien et croyance sorcellaire c est kif-kif ? Et que le chrétien qui veut assurer ses arrières, n’a pas intérêt à balancer la croyance en la sorcellerie par-dessus bord !comme si, pour lui, la parole de Jésus-Christ ne suffisait pas. C’est vrai que l’échec est assuré des que nous ne la mettons pas en pratique.

Il y a un instant, j’étais en train de dire que la croyance en la sorcellerie de type vulgaire, celle de la quotidienneté, celle qui nait de l’ignorance de la cause des faits et qui fabrique des rapports de suspicion entre individus vivant au sein d’une même société, j’étais en train de dire que la croyance en la sorcellerie est la réponse à la misère et à la pauvreté lorsque faute d’imagination et d’esprit d’inventivité, on en voit pas de remède, et qu’ on attribue la cause du mal dont on souffre ( mal physique ou moral) à l’intervention d’une entité surnaturelle malveillante.et justement, la foi en Jésus-Christ nous détournerait de telles explications à nos maux. Elle nous tournerait vers nous-mêmes pour y chercher les causes et les raisons  de nos échecs. Elle ferait de nous des hommes de réflexion. Or la réflexion lorsqu’ elle est systématisée, lorsqu’ elle devient  habitude, la réflexion toujours finit par élever notre niveau de conscience.et c’est ce qui manque aux sociétés africaines aujourd’hui dans l’impasse. Mais, vous me direz : pourtant ceux qui gouvernent l’Afrique, réfléchissent tout le temps, tous ces conseils des ministres !oui, mais à quoi cela sert- il, puisque ceux qui gouvernent l’Afrique .escamotent les débats, ayant trait aux problèmes sociaux par  des vraies solutions, celles qui exigent bien des vertus chez ceux qui osent les affronter.

Etre chrétien, hier comme aujourd’hui et demain, c’est se faire la conviction qu’aucune force ne prévaudra sur nous parce que Dieu est avec nous. Jésus nous aurait-il menti qu’on il nous a dit : « je suis avec vous jusqu’ a la consommation des siècles » ? Il me plait de penser que la brillante civilisation de l’Occident c’est l’esprit de la Rome et de la Grèce antiques, mais qui se fut essoufflé si le christianisme et l’évangile ne l’avait constamment renouvelée. Rendre le Christ activement présent parmi les hommes, c’est le rôle et la vocation des hommes d ‘église. Mais au vu des libertés que bien d’entre eux prennent avec les enseignements du sacerdoce chrétien on peut douter que le christianisme devienne un élément dynamique de transformation des sociétés  africaines avant longtemps.

Dominique Ngoïe-Ngalla










dimanche 7 septembre 2014

Afrique : quand l’histoire nous rattrape et prend le visage de la fatalité

Opera illorum secuntur illos, leurs œuvres les suivent. L’affirmation est de Jean, l’évangéliste. Phénomène apparu dans l’histoire de l’univers, les hommes sont dans les modes d’existence les plus divers, ce que leur passé a fait d’eux. Selon le niveau et la qualité de leur participation de leur accouchement par l’histoire, les hommes jouent les premiers ou les seconds rôles dans le devenir historique des sociétés qu’ils forment. Un concours de circonstances défavorables né principalement du milieu écologique fabriqua à l’Afrique noire une histoire plus que celle d’aucun autre groupe humain, propice à la formation de sociétés et de civilisations où la puissance de l’esprit a peu de chances de se déployer. Avant même la tragédie de la traite des noirs qui bouleverse ses sociétés, où nombre de valeurs sont retournées en leur contraire, ou jetées dans une confusion qui ne permet plus d’en vivre vraiment, l’Afrique noire allait devenir un continent sans grande ambition. Les hommes qu’elle produit, consciences étriquées ayant une vision courte. Ils ne se préoccupent de l’immédiat, incapable de projection. Le bas niveau de l’organisation politique dont l’élévation est impossible sans cet instrument  du progrès qu’est l’écriture alphabétique et consonantique qui, en fixant la parole, fugace, par essence, et la pensée, donne la possibilité d’y revenir à loisir pour ajouter, retrancher, améliorer. Le progrès de l’esprit humain est impossible sans l’écriture.

L’existence en Afrique de sociétés fortement organisées grâce à l’écriture, eut probablement rendu impossible la traite des noirs. Cette véritable boite de Pandore d’où allaient sortir tous les maux dont ce continent souffre aujourd’hui, le premier étant le défaut de volonté de conscience qui engendre le défaut de décourage pour affronter le réel. Quatre cent ans de violences continuées, il n’en fallait pas plus pour briser les ressorts psychologiques du génie des peuples qui avaient bu au torrent de l’horreur. A la lâcheté, à la fourberie des dirigeants politiques, la colonisation vint ajouter la chosification de l’homme noir. A grands renforts idéologiques, l’homme blanc lui inculqua le mépris de sa propre personne, sur tous les plans, inférieur au blanc : du corps physique aux dispositions intellectuelles et morales le Blanc est supérieur au Noir . 

Cinq cent ans de brigandage avaient suffi à l’Occident pour faire du Noir un être de dérision, le bouffon et le portefaix de l’histoire, qui n’existe désormais que par la volonté de l’homme Blanc. Et puisqu’il n’a pas d’âme ni de conscience, il ne peut vivre qu’en empruntant au Blanc. Voila comment depuis, la société et la civilisation du continent noir, sont devenus des sociétés et des civilisations de singes. L’Afrique singe l’Occident, son maitre qui l’a dressé à le singer. Et c’est là le drame de l’Afrique, n’être plus capable que d’imitation. Or, celui qui imite, plus exactement celui qui singe au lieu de simplement s’inspirer du modèle, apporte la preuve de la pauvreté de sa personnalité. La preuve de l’existence en lui d’un génie personnel, d’une réelle capacité créatrice. L’imitation assume une fonction pédagogique si elle se donne pour fin d’amener l’élève à prendre conscience de son talent personnel. A se réveiller à ses valeurs dormantes, à se détacher, pour finir, du modèle. Pour comble de malheur, l’Afrique n’a imité de son maitre que sa brutalité et sa violence, laissant de son côté le versant positif et humain de son génie, qui est loin d’âtre de bout en bout barbare. Mais il est vrai que le mal est plus facile à imiter que le bien et la vertu. 

La colonisation qui fut le prolongement des horreurs et des brutalités de la traite des noirs abolie ne vint pas civiliser l’Afrique selon ses promesses. Elle décupla le coefficient de violence de l’Ame nègre déjà exacerbé par la violence et la brutalité des esclavagistes. De sorte que, de l’héritage et du patrimoine historique et spirituel de l’Afrique, la violence apparait un des traits les plus marquants. Une certaine violence étant certes nécessaire dans l’exercice et la gestion du pouvoir (le monopole de violence légitime), les politiques aux manettes de l’administration de l’Etat en usent plus que de raison.


Et puisque l’usage imbécile de la violence abrutit, il n’est pas étonnant que ces hommes-là soient des esprits étriqués et violents, peu accessibles à la compassion qui devrait pourtant justifier toute vocation politique. L’échec des démocraties africaines trouve son explication dans l’esprit fruste et peu généreux des dirigeants politiques. Ceux-ci sont le résultat logique d’une histoire sans rupture, violente de bout en bout de la traite des nègres à la colonisation.

Dominique Ngoïe-Ngalla.

lundi 16 juin 2014

Opposition congolaise: entre faiblesses morales et médiocrité politique

Tout au long de l’histoire, jusqu’il y a peu en tout cas, les crises sociales ou politiques mettant gravement l’existence, la bonne marche ou l’intégrité de l’Etat ou d’une entité y ressemblant, étaient l’occasion de l’émergence de grands hommes. Des hommes à la stature de géant, dont le génie, le courage et la détermination étaient à eux seuls capables d’imprimer un tour différent à une situation qui menait fatalement le pays au chaos. Ainsi, près de nous, Mandela, Martin Luther King, Gandhi, De Gaulle, Churchill. 

Or en ce qui concerne le Congo, depuis bientôt deux décennies empêtré dans la pire phase de son histoire, malgré les promesses de « nouvelle espérance » et de « chemin d’avenir », le grand homme se fait toujours attendre. Malgré des conditions d’existence qui, plus que jamais exposent au vif de la vie, de sorte que le courage, le dépassement de soi, l’abnégation sont plus que nécessaires pour les congolais pris entre l’étau d’un régime douteusement républicain et des conditions sociales misérables. Tout est donc réuni pour que dans les cœurs épris de compassion naisse un sentiment de révolte contre les causes du mal-être. C’est en effet de lassitude et de révolte qu’à travers l’histoire des hommes de haute stature se sont dressés contre l’injustice et l’oppression. Mais la révolte seule ne suffit pas, encore faut-il être courageux. Courageux, non pas parce que oubliant la peur, mais courageux parce que oubliant son propre égoïsme, mère de toute mesquinerie ; courageux parce que point effrayé de s’engager dans une aventure éthique exigeante. Cynthia Fleury n’est pas loin, qui dit qu’il n’y a pas de courage politique sans courage moral. La recherche du bien-être de tous est bien une aventure éthique, car constamment aux prises avec la recherche du bien être de soi qu’on ne perd presque jamais de vue, mais que parviennent à réduire ceux-là ayant une conscience profonde qu’il exige inévitablement celui de tous.

Seulement exigence, rigueur envers soi-même sont antinomiques avec l’illusion de liberté des congolais buvant bières et usant femmes à volonté. Incapables de détachement car esclaves de leurs sens, toute tentative d’ascèse est vite escamotée. C’est à croire que comme pour les lois de la physique une impérieuse pesanteur leur défend de s’élever sans jamais retomber lourdement et de s’enfoncer plus bas que terre. Malgré une misère évidente et des conditions de vie médiocres pour l’essentiel des habitants de ce pays qui se range en 2013 au 142ème rang de l’IDH (Indice du Développement Humain) sur 182 et un blocage des mécanismes de développement et du progrès par l’égoïsme de politiques gloutons, l’homme, même lorsqu’il est bardé de diplômes, y parait sans gravité, béat et inconsistant. Le tragique de la vie auquel il goute quotidiennement – même par ricochet - dans ce pays où sentir les atrocités de l’existence n’attend pas la perte d’un être cher, une guerre ou une catastrophe naturelle, ne l’affecte pas. L’esprit ayant depuis sonné la retraite a laissé la primauté à l’instinctif et au biologique, qui règnent sans partage sur l’homme congolais. Non pas que les congolais en soient restés au biologique, mais à en juger selon leur comportement, il semble que chez eux, l’esprit se soit très peu démarqué de l’égoïsme et de la dictature des pulsions, de sorte qu’il est exagéré de les dire civilisés.

Une élite qui ne l’est que de nom, totalement inculte, car même finement lettrés, la fréquentation utilitariste d’œuvres par lesquelles l’homme saisit l’universel de sa condition n’a pas fait germer en eux ce désir d’humanité ou de civilité humaine. Pour preuve l’absence de lieux d’expression de la culture congolaise (théâtres, musées, ballets, etc.) qui permettent de saisir l’apport spécifiquement congolais à l’expression de notre condition commune et qui permettent surtout à l’âme de se recueillir. Tout ce qui y tient lieu de culture – essentiellement la musique urbaine – flatte plus les instincts les plus bas qu’il ne pousse à s’interroger sur le sens de la vie pourtant pénible de ces pauvres diables. Rien de plus normal dira-t-on, si les arts sont aussi l’expression esthétique d’un contexte et d’aspirations sociaux, pourquoi y rechercher du sérieux, du tragique, de l’esprit quand les valeurs dominantes du Congo les rejettent ? Partout une dégradation croissante de la moralité et une déficience grandissante de la pensée, le primat de l’instinct et du biologique qu’on ne combat que quand l’esprit a barre sur la personne.

Il est difficile dans une société où sont réunies, comme si elles avaient été empilées par un savant complot, les conditions de la mort de l’esprit qui, hormis la raison, est aspiration à l’amour, à la justice, à la vérité, à la beauté, que surgisse un homme qui soit digne de cette noble qualité, en reconnaissance de laquelle les asiatiques ayant un sens profond du sacré font une belle révérence en guise de salut, si par une rigoureuse discipline et un patient travail sur soi on n’élève pas les valeurs spirituelles et l’intérêt de tous au-dessus des valeurs matérielles et individualistes. La nature du combat l’exige ! Ce genre d’homme contrasterait violemment avec nos opposants, experts en compromissions honteuses et rétifs à définir une ligne de démarcation claire entre eux et leurs adversaires à qui ils ressemblent étrangement. Cette ressemblance est forcément la raison de la mollesse de leur combat. Sans objectif clair, sans adversaire clairement déterminé, leur combat n’a jamais eu ne fût-ce qu’un semblant d’efficacité. Comment dans de telles dispositions, ceux qu’ils combattent ne continueraient ils pas leur travail de sape des acquis et de l’avenir des congolais, quand ils ont pour adversaire des hommes sans convictions, qu’ils peuvent apprivoiser à souhait grâce à leurs puissants hochets ? Tels les dieux facétieux de la mythologie grecque, ils se jouent et du destin de nos diables d’opposants et, plus grave, du peuple tout entier. C’est un Prométhée qu’il nous faut pour arrêter ces dieux noceurs et capricieux. Nos héros de pauvre facture n’ont en pas le courage. Comment feraient-ils sans cette fermeté qui fait les saints et les héros ? Cette fermeté qui est dans un premier temps combat contre ses propres démons, ceux de notre chair et ceux de notre égoïsme. Ce combat où brulent générosité et grandeur, et qui font préférer la félicité de tous au détriment des promesses plus alléchantes de puissance, de possessions, de jouissances de tout ordre. Ainsi seulement seraient-ils capables d’insuffler une autre dynamique : la correction des mœurs et des valeurs n’est-elle pas déjà un grand pas vers la citoyenneté ?

L’opposant congolais, conscience sociale et politique aiguisé par tant de souffrances infligées par d’autres congolais, mènera un beau combat lorsque moins fruste, il se sera frotté à la culture, afin que poli comme une pierre de valeur, brillent sur son front la générosité et le courage qui changeront son cirque au digne rang de politique. Pour l’instant, il conjugue fort bien faiblesses morales et absence de sens politique. Inquiétant !


Excusez-moi, Messieurs de l’opposition, mais vociférer, tenir conciliabule pour dire tout le bien que vous pensez des hommes forts du Congo, n’est pas ce qu’on attend de vous. Une bonne stratégie, un peu de sens tactique et surtout une proximité avec votre base ferait bouger les lignes.

Cunctator.

vendredi 6 juin 2014

Pourquoi la plus grande mosquée d'Afrique en terre chrétienne et animiste?

Le Congo s’enorgueillit, déjà en cours de réalisation, parait-il, du projet de construction, à Brazzaville, de la plus grande mosquée d’Afrique. Que le Sénégal et Dakar, le Maroc et Rabat, l’Algérie et Alger, la Tunisie et Tunis, le Mali et Bamoko, l’Egypte et le Caire, le Soudan et Khartoum, la Mauritanie et Nouakchott, à la limite, le Tchad et Ndjamena se parent d’un tel bijou, on pourrait le comprendre, puisque tous ces pays sont de confession musulmane, à près de 99%, pour certains d’entre eux.
Mais que, de tradition chrétienne, depuis plus d’un siècle, et par-dessous le christianisme, un animisme vivace, le Congo, soudain, consente que, sur son sol, soit élevé à l’Islam auquel le plus gros de sa population s’est jusqu’ici gardé d’adhérer, un habitacle de telles dimensions, est, pour nous, une belle énigme et un sujet d’étonnement. 
Par fanfaronnade, comme il y a quelques décennies, au virage de 1970, il se piqua d’orgueil d’être le premier parti marxiste en Afrique? Ou par calcul commercial et marchand: faire de Brazzaville, la Mecque de l’Afrique où afflueraient en pèlerinage, les musulmans de toute l’Afrique noire, avec, en perspective, des retombées économiques mirifiques pour le Congo qui roule déjà sous le poids des milliers de milliards du pétrole? L’argent, c’est bien connu, appelle l’argent! 
Or, à la place d’une chose qui ne serait pas sans intérêt pour Al Qaïda et tous les fous de Dieu, le petit peuple famélique des bidonvilles crasseux et malodorants des «Brazzavilles noires» aurait voulu des hôpitaux modernes et des structures d’éducation modernes aussi, les tremplins d’où, toujours, s’élance un peuple pour sonner aux portes du futur, conformément aux exigences du corps et de l’esprit. Mais qui ignore, à moins d’être bien distrait, bien imprudent et médiocrement patriote qu’une telle mosquée serait juste le lieu où des centaines d’imams peu soucieux de l’avenir de notre pays, inculqueraient à des milliers d’adolescents congolais, les préceptes d’un islam de vulgate qui n’a jamais élevé la conscience citoyenne de personne? Qui fait se jeter les uns sur les autres des peuples entiers, au nom de la foi, comme en Occident, au Moyen-Age, quand l’Eglise faisait brûler sur des buchers hérétiques et sorciers, traquait les païens? Qu’on nous montre les cohortes des savants nègres sortant de Tombouctou pour éclairer l’Afrique de leurs immenses connaissances scientifiques.
 Existe-il un seul «ancien» de Tombouctou, et nègre noir, de la stature intellectuelle d’un Ibn-Battuta ou d’un lbn-Khaldun, son homonyme, blancs et arabes, tous deux du Maroc et de la Tunisie, dans le Maghreb voisin? Or, à Tombouctou, les nègres qui y étaient admis, étaient juste islamisés à fin que, esclaves, ils fussent d’une totale soumission à leurs maîtres arabes et blancs. Lorsqu’on est nègre bon teint, on frémit d’horreur et de honte à la pensée qu’aujourd’hui encore, des Mauritaniens blancs règnent sur des troupeaux d’esclaves nègres.

Dominique NGOIE-NGALLA

mercredi 16 avril 2014

La violence identitaire en Afrique vingt ans après le génocide rwandais : la faible volonté de conscience des Africains (Première partie)

Avril 1994 des rwandais massacrent à la machette des centaines de milliers d’autres rwandais. Une hécatombe ! Quelques années après, au fusil d’assaut cette fois, des rwandais massacrent à nouveau des centaines de milliers d’autres rwandais. Ça recommence ! Ces deux épisodes, dont en commémore les vingt ans du premier (génocide tutsi), les plus graves manifestations de la violence identitaire en Afrique, totalisant chacune près d’un million de victimes, semblent ne pas avoir assez torturé les consciences endormies des nègres d’Afrique. Autrement, à la place de l’incurie que n’ont pas balayée des crimes d’une telle ampleur, la culpabilité, la stupéfaction et la terreur hanteraient les esprits du simple fait que ces choses sont arrivées près de chez soi. Ni dégoutés, ni effarouchés, ni culpabilisés par le souvenir de tant d’horreur, les Africains, faute de s’interroger sur ce qui a permis qu’on se vautrât sans retenue dans tant de laideur - de sorte que connaissant les cause, on s’attarde à éviter leur conjonction- , n’abandonnent pas leurs mauvais réflexes. En cas de tensions sociales aigües, ils se rangent en faction ethniques ou religieuses, et recommencent à semer la mort à grande échelle parmi leurs concitoyens, quitte à les occire jusqu’au dernier spécimen. L’actualité nous le montre, les passions, toujours en veille, une fois attisées, tel Ajax dans la tragédie de Sophocle, cèdent à l’hubris et son cortège de ravages. Sauf que cette fois, les victimes de cette fureur insensée ne sont pas des bestioles, mais des hommes, nos semblables. 

Or, éprouver de la honte et de la culpabilité, n’est possible que si scrupules et sens des responsabilités sont intacts. Gravement endommagée chez les Africains, la notion de responsabilité se limite à la recherche de coupables, à s’ériger toujours en victimes. Des boucs émissaires tout désignés déchargent de l’impératif d’ausculter ses propres fautes. Dans ce cas, le difficile et sérieux examen de soi, sans quoi les entraves à l’action bonne ne sont pas identifiées, sans cesse repoussé, empêche d’en finir avec l’inefficace retour du même au même, rarement source de progrès. Se sentir responsable, éprouver de la gêne et de la culpabilité, exige une conscience mature et austère, qui est avant tout conscience de soi-même aussi bien au niveau individuel qu’au niveau social le plus complexe. C’est en étant conscient de soi que l’on se rend compte de la condition humaine, chair articulée à la raison devant sans cesse déployer ruse et stratagèmes pour comprendre le monde et survivre à sa condition tragique. C’est grâce à cette conscience, résumée par le connais-toi toi-même de Socrate, que se connaissant mieux, l’homme parvient à une meilleure compréhension de sa condition et de ses semblables et réussit établir des rapports authentiquement humains. Dominique Ngoïe-Ngalla est tout proche qui dit « se connaitre afin de connaitre sa vocation : sujet responsable de soi et de l’univers. »

Toutes les sociétés, à des différents niveaux certes, ont établi les règles durables de leur existence et de leur survie à partir de cette conscience. Certains ont érigé des principes de conduite au jour le jour ; d’autres des sagesses plus élaborées ; d’autres encore la philosophie, dont Kant, à travers les questions que posent ses trois critiques, résume à peu près le but (que puis-je savoir; que dois-je faire, que puis-je espérer). Pour ce qui est de l’Afrique, à observer la considération de l’humain à travers ses grands ensembles culturels, l’idée globale qu’elle se fait du genre humain est belle. Comme ailleurs, l’homme y est vénéré et en principe considéré selon sa grande dignité. Seulement cette place accordée à l’humain n’est pas encore connaissance intime de soi, « acte par lequel commence l’aventure spirituelle de l’homme appelé à devenir ce qu’il est : une personne, être de raison s’accomplissant dans l’ouverture au monde des humains » (Dominique Ngoïe-Ngalla). Une telle connaissance, ne peut en effet s’accommoder du médiocre cloisonnement ethnique, ou de l’artificiel brassage urbain tissé de méfiance et de dangereux préjugés. Interrogation sur soi, sur son agir, sur son être au monde.

Les communautés culturelles et linguistiques présentes sur des aires géographiquement délimitées, qui favorisent une homogénéité à protéger coute que coute des apports extérieurs considérés comme des dangers pour la survie du groupe, n’envisagent pas une quelconque communauté de destin avec les autres communautés nationales. La seule communauté légitime est la communauté immédiate, celle avec nous lie un lien affectif, irrationnel. C’est d’abord à cette dernière qu’on doit attachement et loyauté, de sorte qu’on est d’abord de telle ethnie avant d’être de telle nationalité. Or une telle logique, dans des Etats qui comptent jusqu’à des centaines d’ethnies (on compte à peu près, si l’on considère les sous-groupes, 450 en RDC, une soixantaine au Congo Brazzaville et en Côte d’Ivoire, une vingtaine au Mali, plus de 200 au Nigéria...) est antagoniste de celle de l’Etat. Se blottir dans le nid douillet de l’entre soi à l’abri de la « menace » que l’autre est supposé représenter; privilégier les rapports affectifs que font forcément naître le partage d’un terroir, d’une langue, d’une parenté est en effet primitif. L’Etat, hérité de la colonisation, devrait s’atteler en permanence au brassage au sein d’un même creuset, de populations fortement bigarrées, que parfois de fortes rivalités souvent liées aux dynamiques de créées par la modernité africaine opposent (Traite Négrière, Colonisation, etc.).

Le besoin d’enracinement, besoin important de l’âme humaine parce que chaque être humain «a besoin de recevoir la presque totalité de sa vie morale, intellectuelle, spirituelle, par l’intermédiaire des milieux dont il fait naturellement partie » (Simone Weil), besoin fondamental et légitime, explique sans doute la force de ces attachements au terroir et tout ce qui s’y rapporte, mais « l’enracinement, nuance Ngoïe-Ngalla, est semblable à la mémoire où l’oubli est, dans un cas, vertu dans l’autre, la vertu résidant dans leur adéquation à une nécessité éthique. Dans le cas de la mosaïque que sont la majorité des Etats d’Afrique Noire, l’enracinement aveugle des citoyens dans l’appareil idéologique cloisonné du terroir et de leurs aïeux est faiblesse morale, source d’antivaleurs, comme la xénophobie, le repli et la violence identitaires, constitue un obstacle redoutable à la construction d’un vivre ensemble harmonieux entre étrangers, à la formation de cette grand âme collective qu’on appelle la nation. »


Par conséquent, la résolution de la question identitaire consisterait à trouver le difficile mais possible équilibre entre l’enracinement et le postulat d’unité nationale. En effet, l’existence des ethnies et de communautés en tout genre n’est pas antinomique avec la recherche de cohésion nationale. Ces dernières enfin fois décloisonnées, les préjugés et les peurs qui enferment les uns et les autres derrière les remparts de l’entre-soi surmontés et ramenés à ce qu’ils sont, c’est-à-dire des inepties, pourra s’installer un dialogue entre communautés rassurées de ne pas être écrasées par les autres. D’un tel dialogue naîtra forcément une meilleure connaissance des autres et une véritable intégration de tous à la chose commune. Or un tel niveau d’ouverture et d’intégration n’est possible que par la stricte observance d’un comportement citoyen à tous les niveaux de la cité. Celui qui a le sentiment d’être pleinement investi de ses droits de citoyen en exécute d’autant plus aisément les devoirs, car il se sait copropriétaire et coresponsable d’un grand bien dont l’accroissement dépend de son respect de la règle du jeu : le respect de la communauté du bien ; le respect et la sauvegarde de l’intérêt de tous. 

Cunctator.

mardi 31 décembre 2013

Nelson Mandela ou enfin la sagesse au pouvoir

Quête et conquête de la vie bonne, le philosophe définit la sagesse comme l’ensemble hiérarchisé et réfléchi de nos désirs. Voilà sans doute pourquoi, lorsqu’il s’agit de l’exercice si difficile et si délicat du pouvoir politique, pour éviter ses dérives dévastatrices, Platon ne voit pas qui, mieux que le philosophe, peut être aux commandes. Lui qui est, par vocation, l’amoureux de la sagesse. Cependant, lorsqu’il s’agit de politique, la sagesse n’est pas à prendre au sens où l’entendaient les philosophes anciens: sommet du savoir, mais simplement sens avisé dans la conduite de soi et des affaires humaines.

Du pragmatisme roulé dans beaucoup de prudence. La prudence qui est, on a tendance à l’oublier, une vertu intellectuelle et cardinale. Et c’est la sagesse des grands hommes d’action: Périclès, Richelieu et, bien sûr, Nelson Mandela. Et c’est le signe d’une grande intelligence. Mais qui n’a rien avoir avec l’intelligence contemplative et spéculative du philosophe qui tombe au fond d’un puits, à force d’élévation au-dessus du réel. Le sage a, certes, l’intelligence pénétrante du savant, seulement, il en tourne la pointe vers l’action à quoi il ajoute le cœur, les raisons du cœur. Et c’est le portrait de Mandela. Mandela aura eu tout ce par quoi Gobineau et tous les racistes qui sont des crétins ou des malades définissent la race supérieure et blanche.

Mais est-ce hasard si tous les groupes humains de la terre (les fameuses races!), des Blancs aux Jaunes, en passant par les Rouges, comme d’instinct, se soient rendues à Soweto rendre hommage à un homme, dans la hiérarchie des racialistes et des racistes, logiquement classé dans la dernière race? Cette classification aberrante ayant eu pour conséquence funeste, dans le passé, qu’il nous en souvienne, la traite des Noirs, le colonialisme dont, aujourd’hui, les descendants de ceux qui les commirent (car ce sont des crimes horribles), lorsque, par bonheur, ils en prennent conscience, se demandent comment a-t-il été possible que des hommes civilisés soient descendus à un tel niveau de sauvagerie et de barbarie. A tous ces barbares étonnés, Mandela enseigne la condition humaine, riches ou pauvres, Blancs ou noirs, notre lot commun, avec l’obligation morale de la vivre en hommes conscients. Aux chrétiens même qui parlent plus qu’ils n’agissent, il aura enseigné l’Evangile en acte et qu’un christianisme non pensé, non médité et non agi conduit à l’ornière du rituel. Les chrétiens d’Afrique qui ramènent la spiritualité à la gesticulation rituelle entendront-ils Mandela? Mandela est un modèle.

 Mais campé sur une telle hauteur d’exigence, qu’il faut craindre qu’il ne reste longtemps inimitable. En tout cas, face à Mandela, comme tous ces hommes Noirs de pouvoir paraissent des nains grimaçants qui ont, cependant, le toupet et l’outrecuidance de se réclamer de Mandela. Si demain l’Afrique veut tout de même convaincre que, loin d’être un pur accident de l’histoire, Mandela est le pur produit de la sagesse africaine qui peut en produire d’autres, il faut que ceux qui parlent au nom de Mandela jettent la sonde dans le riche patrimoine culturel et spirituel de l’Afrique et s’en inspirent. Rien d’autre à faire pour avancer. L’intelligence et la sensibilité de Mandela devant la mémoire de qui la terre entière s’incline, s’y reconnaissant, ne furent façonnées par aucune idéologie étrangère. Sa stature morale exceptionnelle fut fortifiée et structurée certes, dans la lutte et l’adversité, mais la racine est bantoue et Nègre.

Dominique Ngalla-Ngoïe




REFLEXIONS ACTUELLES

Par Dominique Ngoïe Ngalla et Philippe Cunctator qui nous livrent leurs réflexions sur le monde d'aujourd'hui : de l'Afrique clopinant sur le chemin de la modernité au reste du monde, de la complexité des enjeux politiques aux péripéties du fait religieux, nous découvrons sous la plume de Dominique l'âme du poète qui rêve d'un autre monde, mais n'oublie ni les brûlures de l'histoire ni la dure réalité du temps présent...

Quelques ouvrages de Dominique Ngoïe-Ngalla...





L'Evangile au coeur de l'Afrique des ethnies dans le temps court
; l'obstacle CU, Ed. Publibook, 2007 .




Route de nuit, roman. Ed. Publibook, 2006.




Aux confins du Ntotila, entre mythe, mémoire et histoire ; bakaa, Ed. Bajag-Méri, 2006.




Quel état pour l'Afrique, Ed. Bajag-Méri, 2003.




Lettre d'un pygmée à un bantu, mise en scène en 1989 par Pierrette Dupoyet au Festival d'Avignon. IPN 1988, Ed. Bajag-Méri, 2003.




Combat pour une renaissance de l'Afrique nègre, Parole de Vivant Ed. Espaces Culturels, Paris, 2002.




Le retour des ethnies. La violence identitaire. Imp. Multiprint, Abidjan, 1999.




L'ombre de la nuit et Lettre à ma grand-mère, nouvelles, ATIMCO Combourg, 1994.




La geste de Ngoma, Mbima, 1982.




Lettre à un étudiant africain, Mbonda, 1980.




Nouveaux poèmes rustiques, Saint-Paul, 1979.




Nocturne, poésie, Saint-Paul, 1977.




Mandouanes, poésie, Saint-Paul, 1976.




L'enfance de Mpassi, récit, Atimco, 1972.




Poèmes rustiques, Atimco, 1971.