vendredi 17 février 2012
Du bon emploi du mot libéral : François Hollande accusé de mentir par M. Sarkozy.
Ça y est, le très probable candidat à sa propre succession, le Président Nicolas Sarkozy a, précocement annoncé sa candidature à la présidentielle qu’il se réservait d’annoncer au mois de mars, et, est par conséquent officiellement entré en campagne. Ce changement d’agenda il faut l’imputer à l’avance qu’a prise sur lui François Hollande le candidat du Parti Socialiste (PS), qui le devance de plusieurs points dans les sondages concernant le premier tour. Nicolas Sarkozy, distancé par M. Hollande, souhaitant une entrée en campagne fracassante qui le fasse remonter sensiblement dans les sondages, a choisi de marquer le clivage entre lui et son principal concurrent en accentuant la droitisation de son discours, en s’adressant au peuple en termes de valeurs. Bien tenté, mais le choix des Français, vue la crise sévère qui affecte l’économie, les emplois et la cohésion sociale ne se portera pas sur des valeurs grâce auxquelles il a été élu en 2007 pour devenir le Président des riches alors qu’il avait promis d’être le Président du pouvoir d’achat et de la rupture.
Partant d’un bilan qu’il sait indéfendable le Président candidat joue son va-tout et se risque même à des affirmations allant à l’encontre de ceux auxquels il veut reparler et redonner confiance : le peuple. S’en prendre aux chômeurs et non au chômage qu’il laissé s’envoler en cinq ans de présidence relève soit de l’irresponsabilité, soit d’un aplomb qui frise la désinvolture. C’est aux causes qu’il faut s’en prendre pas aux conséquences et à ceux qui en sont les victimes : le peuple. S’approprier les thèses frontistes sous prétexte de lui reprendre des électeurs lorsqu’on se dit républicain est d’une incohérence et d’une hypocrisie et, surtout, d’une étonnante pusillanimité pour un homme qui se dit le seul à pouvoir conduire la France dans cette épouvantable tempête qu’est la crise tant lui seul a du courage.
Mais seulement, du courage lui aurait été reconnu s’il n’avait pas de gêne à reconnaître, comme dans son beau discours de Toulon de septembre 2008, que c’est à la finance qu’il faut s’en prendre. En préparant ce discours fortement orienté à gauche M. Sarkozy faisait une irréfutable démonstration de courage. Il a été applaudi, encouragé. C’était pour lui le moment de rassembler autour de lui les Français. En effet, lutter contre le rouleau compresseur du capitalisme financier, qui écrase qu’on se réclame de la droite ou de la gauche, c’est s’élever au dessus des clivages et ça fédère. Or fédérer n’est pas le fort de M. Sarkozy. Il s’est inscrit dans une stigmatisation obsessionnelle des Français venus d’ailleurs et des Français les plus démunis. Contrairement à ce qu’il prétend aujourd’hui, il ne roule pas pour la majorité des Français, il roule pour ceux qui ont de l’or, des Rolex et des Yachts. Une infime minorité. C’est plus oligarchique que démocratique, très peu républicain donc.
Jadis considéré mou et traité de « capitaine de pédalo », François Hollande l’avait compris qui a fait preuve de hardiesse en désigner la finance comme son adversaire et en s’appuyant sur des valeurs humanistes que la dérive de l’économie financière avaient enterrées pour laisser place à l’égoïsme, à un individualisme délétère et, en dépit de son statut de challenger, en dénonçant la vénération de l’argent à qui personne n’osait s’en prendre si ce n’était l’attaquer dans des discours pour ensuite, de façon éhontée, trinquer avec les parangons de cette dernière. Volte face ? Non il ne s’agit pas d’une volte face, celui qui en 2008 annonçait la guerre contre la finance et sa perversion des rapports économiques n’y croyait pas. Dans un meeting récent, faisant référence à son principal concurrent il a laissé entendre que « quand on dit à la presse anglaise qu’on est libéral et quand on vient expliquer aux Français que l’ennemi c’est la finance, on ment.»
Décidément la campagne fait perdre à certains le sens des mots. Aux abois, on s’en sert sans en vérifier les différentes acceptions, et sans en mesurer la portée, nous nous en doutons, pour créer de l’effet. Mais face à une crise sévère, dans un contexte de campagne pour une élection capitale, avoir du courage ce n’est pas s’abriter derrière des mots. Il convient de faire attention aux contresens. Les électeurs finiront par croire que c’est une mode et n’accorderont que peu de crédit aux affirmations faites en triturant les mots. Plus ridicule encore, on court le risque de se faire reprendre comme un débutant. Pourtant, à priori, l’expérience est du côté de M. Sarkozy au beau parcours. Après le mauvais emploi du mot civilisation, voici venu le temps du mot libéral.
Laissons-nous donc le loisir de revenir sur des choses élémentaires. En politique le libéralisme concerne la libre désignation des représentants du peuple souverain et la fixation de limites aux prérogatives de l’Etat. L’Etat de par ses missions régaliennes assure la protection des libertés individuelles dont font partie les droits économiques et sociaux. Outre les libertés individuelles classiques que sont la propriété et celles d’aller et venir, les droits économiques et sociaux (logement, travail, éducation, droit de grève, santé, droit à l’action syndicale, etc.) peu défendus par le Président candidat pendant son mandat malgré leur valeurs constitutionnelle et en dépit de leur particulière nécessité sont à défendre, menacés qu'ils sont par qui on sait. D’un point de vue économique, être libéral c’est croire en en la propriété privée et au libre échange. Etre libéral c’est croire en l’économie de marché donc. Il ne semble donc pas incohérent que M. Hollande se reconnaisse dans ces principes et s’affirme libéral. Tout démocrate est en principe libéral. Aux USA même ce terme désigne les progressistes, le centre gauche opposé aux conservateurs.
A moins que, du fait de l’esprit de confusion régnant dans les rangs de la majorité sortante, le Président candidat ait confondu le libéralisme au néo-libéralisme dénoncé parce qu’il favorise l’accroissement des inégalités sociales et de la précarité, la transformation de l'homme en marchandise, la réduction de la souveraineté nationale en la confiant aux marchés, en quoi est-ce donc une incohérence, non, au diable les euphémismes ! En quoi est- ce un mensonge, que d’être libéral que de décider d’arrêter le massacre économique, social et politique généré par le capitalisme financier ? Monsieur Sarkozy sait très bien qu’il n’y a rien d’incohérent. Son beau discours de Toulon I en est la preuve : «L'idée de la toute puissance du marché, qui ne devait être contrariée par aucune règle, par aucune intervention politique, cette idée de la toute puissance du marché était une idée folle. L’idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle.», avait asséné Nicolas Sarkozy en 2008. Dans un accès de lucidité il reconnaissait qu’il fallait mettre un terme au « dérives de la finance globale qui avait imposé sa logique à toute l’économie et avait contribué à la pervertir », et poursuivait par une définition de ce que sont le capitalisme et l’économie de marché : « Le capitalisme ce n’est pas la primauté donnée au spéculateur, c’est la primauté donnée à l’entrepreneur, c’est la récompense du travail, de l’effort et de l’initiative (…). Le capitalisme c’est une éthique, c’est une morale, ce sont des institutions, le capitalisme a permis l’essor extraordinaire de la civilisation occidentale depuis rien moins que sept siècles. L’anticapitalisme n’offre aucune solution à la crise actuelle, ne rien faire, ne rien changer se contenter de mettre toutes les pertes sur la charge du contribuable et faire comme s’il ne s’était rien passé serait une erreur historique. »
En 2008 M. Sarkozy pourtant élu sur la base de principes ultralibéraux, a néanmoins fait une critique sans ambigüité des dérives de la financiarisation exagérée de l’économie. Il a présenté les dérives du capitalisme financier, dénoncé les mauvaises pratiques des marchés, des agences de notation et des fonds spéculatifs laissés sans contrôle, la rémunération des dirigeants d’entreprises, la croissance des inégalités, la démoralisation des classes moyennes. Là M. Sarkozy disait la vérité. « Ce système il faut le dire parce que c’est la vérité, disait-il, ce système ce n’est pas l’économie de marché, ce n’est pas le capitalisme. »
Depuis pourtant rien n’a changé, de la régulation annoncée avec vigueur il n’est rien advenu. Etait-ce une posture ou un mensonge démagogique? A ce moment là M. Sarkozy, en ignorant les clivages prônait une politique qui susciterait le ralliement de tous les Français parce que c’était juste et courageux. Mais depuis M. Sarkozy est redevenu l’ami du capitalisme dévoyé, l’ami des spéculateurs, a rejeté l’équilibre qu’il prônait entre l’état et le marché. L’auto régulation ce n’est pas fini, le marché tout puissant qui a toujours raison ce n’est pas fini. Les marchés dont on annonçait la fin de la toute puissance sont revenus plus forts grâce à des politiques dont le courage se résume à multiplier les sommets qui ne règlent pas les problèmes de fond et qui hésitent à prendre les mesures adéquates contre des marchés hyper agressifs menaçant les souverainetés et la paix sociale.
Cunctator.
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politique
dimanche 5 février 2012
"Toutes les civilisations ne se valent pas", la nouvelle dérive de Claude Guéant vers l'inacceptable
Ministre nommé, c’est clair pour jouer le rabatteur des électeurs du Front National, dont la candidature à l’élection présidentielle et les sondages favorables, effraient gravement l’UMP en souffrance dans les sondages, Claude Guéant a lors d’une rencontre avec des étudiants de droite encouragé ces jeunes à défendre « notre modèle de civilisation », car selon M. Guéant, « contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique. » Je ne sais pas de quelle civilisation M. Guéant et ses amis de l’UMP se targuent pour ériger celle à laquelle ils pensent en modèle, en civilisation supérieure. Il parle sans doute de la civilisation occidentale judéo-chrétienne érigée par des siècles de pensée philosophique et chrétienne, par la conscience aigüe du sens de l’humain et de l’universalité de sa dignité qu’elles affirment. Il évoque sans doute l’occident de la modernité et des Lumières à partir de laquelle l’homme, à travers la raison, avait décidé de déconstruire le monde pour le connaître dans son principe, de se libérer des tutelles qui entravaient sa nature d’être doté de raison et sa vocation à créer. Une grande civilisation celle là, vraiment. Mais, ce M. est cultivé, il n’ignore pas qu’une civilisation ne devient grande qu’en empruntant à ses voisines qui l’enrichissent de leurs richesses matérielles, intellectuelles et spirituelles et que toute civilisation, après un apogée, décline. Des civilisations ont donc plus brillé que l’Occident, même la civilisation islamique qu’il semble ne pas beaucoup aimer.
Si cependant c’est de la civilisation occidentale d’aujourd’hui dont il parle, je recommanderais à ce monsieur qu’on dit brillant, qui pourtant brille de bêtise depuis qu’il est entré au gouvernement, de faire preuve d’analyse et d’observation. S’exprimer tel qu’il le fait de temps en temps sur les questions d’identité et d’immigration n’est pas digne d’un ministre de la « République », c’en est au contraire une pitoyable caricature. En l’entendant, on est triste pour la France, on se dit quel gâchis, c’est cela la République ? Et bien merde !
La civilisation occidentale, ayant sans doute, grâce à ses principes fondateurs connu succès et progrès, a porté des incohérences inexplicables quand on atteint un niveau si élevé de « civilisation et de conscience. » Comment justifier l’esclavage, la colonisation, Auschwitz après lequel on a dit plus jamais ça. Plus jamais ça ? Quelle blague ! On a remis ça d’une autre manière on massacrant ici et là. En même temps qu’on se battait pour la liberté en Europe, on oppressait en Afrique, en Asie. L’occident ressemble à un salaud raffiné jusqu’au bout des ongles qui tient sa barbarie en bandoulière, prêt à en user dès que la nécessité s’en fait sentir. La nécessité occidentale, telle que des siècles d’histoire nous le montrent, se résume au profit, à l’impérialisme. Grâce à eux, l’Europe policée, héritière du démocrate Périclès, des rigoureux jurisconsultes romains, de l’humaniste Pic de la Mirandole, de Descartes dont la méthode n’est pas étrangère à l’aventure des lumières et à l’idée de progrès, tombe dans des gouffres de grossièreté jamais vus ailleurs, même pas chez les sauvages d’Afrique centrale et de Papouasie.
Une civilisation est excusable si les droits de l’homme ne figurent pas parmi ses principes supérieurs, si les différences ethniques partagent ses groupes humains, si des accidents de l’histoire y font régner l’oppression, parce que très peu imprégnés de valeurs contraires. Un long apprentissage et surtout une intégration de ces principes peuvent y améliorer les choses. Mais qu’une civilisation ayant ces principes jusque dans la moelle, une civilisation où l’air est chargé de ces principes, les méconnaisse et refuse lâchement de les déployer en terres lointaines, parce que ceux qui les peuplent, inférieurs en humanité et un peu en sagacité aux occidentaux, sont jugés ne pas les mériter est un honteux reniement. Pourquoi ? Parce que par faiblesse d’esprit, l’homme peu civilisé et pauvrement humanisé, face aux promesses de richesses se fait volontiers goujat. La bonté chrétienne, le détachement philosophique sont difficiles si l’on ne s’y attèle avec un acharnement de moine, même pour l’homme d’Occident. Aussi est-ce une supercherie d’accuser le relativisme des autres quand on est soi même ministre d'un gouvernement conservateur tristement impuissant devant les ravages de ce mal de la modernité. L’Occident, plus que les autres parties du monde, ne croit plus en rien, il s'est abandonné à un individualisme outrancier, au machinisme et à la féroce finance qui y entravent la liberté et déshumanisent l’homme, qui en principe est un démiurge lorsqu’il se rend compte de sa puissance. L’homme occidental, à travers ses puissants penseurs et théologiens, connait cette puissance, mais à force d’hédonisme, de consumérisme et de libertinage, tel un porc, même plus qu’un porc, puisque cette bête ne raisonne pas, se jette allègrement dans la fange, conscient d’aller à sa perte, manquant trop de courage pour résister à la séduction de ses basses passions. Voila le modèle de civilisation que le puissant Occident propose au reste d l’humanité.
Par faiblesse, parce que les institutions et la pâle séparation des pouvoirs servent encore de parapets aux débordements des politiques mal-élevés, au débordement des valeurs qui conviennent à ces types de personnes, l’Occident, notamment la France, dont M Guéant est membre de l’exécutif, s’en prend à de plus faibles pour y laisser libre cours à ses honteuses pratiques que récusent pourtant la civilisation dont ose se targuer le ministre. En Afrique la France, pour la défense de ses intérêts, soutient les violations des droits de l’homme, elle défend le principe de guerres civiles et ethniques (Nigéria, Congo-Brazzaville, Côte-d’Ivoire et, en cours d’instruction, Rwanda). La France est marraine de chefs d’Etats sans scrupules qui modifient les constitutions à leur avantage et se font succéder ou envisagent de se faire succéder par leur progéniture. La France est complice du déni des droits sociaux de populations affamées, mal soignées et pas éduquées. La France, celle de M. Guéant notamment, a ainsi une très mauvaise lecture des principes républicains et des droits de l’homme, dont il ose parler de façon éhontée.
Cunctator.
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Point de vue
lundi 30 janvier 2012
La candidature d'Abdoulaye Wade, caricature de la pulsion grossière de s'éterniser au pouvoir
Opposant aux régimes de Senghor et de Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, arrivé au pouvoir en 2000 se voulait le champion du « sopi », le changement. Après deux mandats aux bilans mitigés, le deuxième surtout, ce diplômé en sciences économiques et avocat, loin donc d’être un rustaud, Maitre Wade, a plus 85 ans, souhaite, contrairement à la constitution qui depuis 2001 limite la possibilité d’exercer la présidence de la République à deux mandats successifs, briguer un troisième mandat. Douze ans au pouvoir, dans un pays aux institutions stables et fonctionnant selon des normes démocratiques, un pays en paix donc, suffisent, quand est sérieux, pour mener à bien un programme, une mission. Pas besoin donc d’en prolonger l’exercice et de justifier la velléité d’assumer un autre mandat par des arguments programmatiques. Le pouvoir grise et expose dangereusement à la tentation d’en abuser ; d’où la séparation des pouvoirs des régimes dits démocratiques et républicains. Pourtant Abdoulaye Wade, qui d’ordinaire se fait volontiers défenseur de la démocratie partout où elle se trouve « menacée », la menace gravement lui-même dans son pays le Sénégal à tel point que la confirmation de sa candidature par le Conseil Constitutionnel est qualifiée de coup d’état constitutionnel. En effet cette décision viole l’article 27 de la constitution sénégalaise selon lequel « la durée du mandat du Président de la République est de sept ans. Le mandat est renouvelable une seule fois », et qui prévoit par la suite que cette disposition ne peut être révisée que par référendum.
Ayant été adoptée en 2001, pendant le premier mandat de M. Wade, on pourrait penser que la réforme constitutionnelle limitant à deux le nombre de mandats du Président de la République ne s’appliquerait pas au Président en exercice au moment de son adoption. Ce n’est pourtant pas le cas, et à ce sujet la Constitution sénégalaise est formelle : « Le Président de la République poursuit son mandat jusqu’à son terme. Toutes les autres dispositions de la présente Constitution lui sont applicables ». Abdoulaye Wade doit partir, il le sait, mais tel ses pairs qui allongent leurs mandats à souhait par des modifications constitutionnelles, il est lui aussi un grossier homme d’état passé du statut de brillant opposant à celui de Président d’un régime corrompu. L’exemple de Mandela n’est peut-être pas assez à sa portée pour qu’il s’en inspire. Mandela, outre son statut d’avocat, est un homme cultivé et plein de dignité ; l’imiter suppose une sensibilité élevée et une aptitude au détachement digne d’un anachorète. Après un mandat, il s’est retiré d’un pouvoir que le peuple sud africain était disposé à lui accorder de nouveau. Chez lui la culture a accompli sa vocation de transformer l’homme vulgaire en un homme chez qui la noblesse et le bien l’emportent sur la bêtise et la mesquinerie. C’est encore ce grand Mandela qui évita à l’Afrique du sud de sombrer dans le chaos qu’eût provoqué la chasse aux Blancs et l’éviction de ces derniers de l’appareil économique sud-africain.
M. Wade pour bien connaitre les valeurs spirituelles mourides et l’humanisme universel, n’en fait pas son éthique au demeurant ; il s’en moque, ses valeurs sont ailleurs. Ainsi s’en fout-il de causer du tort au Sénégal et aux sénégalais par sa volonté persévérante de présenter une candidature non seulement contestée, mais surtout illégale à la présidentielle. Persister dans une attitude qui mettrait le pays à sang et à feu prouve que notre homme a perdu la boussole et se range désormais dans la classe des malfrats qui, au lieu de diriger avec compétence et dignité, se caractérisent par la longueur inhabituelle, sauf en Afrique bien entendu, de leurs règnes. Des incultes sans véritable vocation présidentielle - car on est véritablement chef d’Etat que si l’on se soucie du sort de ses concitoyens -, qui n’ont cure que de leurs comptes en banque, de leurs familles et de leur cour.
Cunctator
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Point de vue
mercredi 18 janvier 2012
Démocratie, repli identitaire et choix politique en Afrique noire
Le philosophe voit en la démocratie une aventure éthique. Les valeurs-pivot de ce régime politique (liberté, fraternité, égalité) sont ainsi des vertus dont doit s’orner le citoyen; à force de volonté et de lutte constante et acharnée contre les penchants naturels qui l’en éloignent. La culture, entendue comme le travail de soi sur soi pour s’humaniser, devenir sensible au vrai, au juste et au bien, et de les pratiquer. Donner une conscience à la brute que nous sommes à la naissance, en est le moyen. Le choix et l’exercice démocratiques sont, donc, impossibles dans une société de brutes ou encore à demie barbare. C’est vérité d’évidence dans la majorité des pays africains où l’appartenance groupale oriente le choix de la majorité des électeurs. L’intérêt général et la poursuite d’idéaux communs ne sont pas encore devenus la base de la mobilisation d’un électorat. C’est que, outre qu’ils sont encore des pays à demie barbares, les Etats africains sont des sociétés aux composantes opposées par des particularismes fortifiés et vivifiés par une gestion politique maladroite ou vicieuse. Et parce que, plus que ses militants, le leader politique n’est encore suffisamment libéré des entraves de l’idéologie de son groupe d’appartenance (ethnie) lui, qui devrait les y former, n’a que faire des valeurs démocratiques, et fait reposer ses chances de l’emporter sur ses concurrents (dont il a vite fait des ennemis), sur la capacité de riposte aveugle de son électorat, en majorité composé de sujets de même origine culturelle que lui et mobilisés autour de valeurs qui ne sont pas forcément des valeurs démocratiques.
Le lien d’identification rattachant les militants à leur leader se fonde sur la communauté de leurs origines culturelles. Le leader les tourne à son avantage, en les instrumentalisant. Le leader sait qu’il n’est pas légitimé d’abord sur la base du contenu de son projet de société, ni sur ses dispositions intellectuelles et morales à le mettre en œuvre. Un électorat mobilisé sur la base des valeurs purement affectives reste sourd aux meilleurs arguments venus du camp adverse, toujours diabolisé en période électorale, qui est le temps par excellence des défis émotionnels où le potentiel d’agressivité croît invariablement d’un cran. Entre le leader et son électorat s’opère, alors, un lien de type mystique, fusionnel et irrationnel; où, du moins, la raison n’entend rien; comme dans la relation de l’amour-passion.
Ici, la démocratie n’est concevable que dans le «nous» communautariste. Au Congo, Gabon, lors des élections de 1945 (formation de l’assemblée constituante), Félix Tchicaya fait le plein des voix dans son Kouilou natal et dans le bas Ogooué où, par la proximité culturelle des habitants avec les Vili du Loango, il est presque chez lui. Jacques Opangault triomphe dans sa Cuvette natale, mais échoue dans le Sud où il est un étranger.Aux présidentielles de 2011, en R.D.C, tous les candidats font chacun leur plein des voix dans les régions où ils sont originaires; ces régions étant, chacune, à beaucoup près, culturellement homogènes. Le triomphe d’Etienne Tshisekedi dans le Bas-Congo Kongo non baluba s’explique par la consigne de report de voix de Jean Pierre Bemba sur Etienne Tsisekedi, son allié; et aussi, peut-être, par la réaction du leader de Bundu-dia-Kongo, qui n’a jamais pardonné à Joseph Kabila d’avoir sauvagement maté la rébellion de son mouvement.Il peut, cependant, arriver, qu’un candidat soit plébiscité hors de «chez lui», dans la région ou à la ville où la majorité de l’électorat n’appartient pas à la même communauté culturelle ou ethnique que lui. Un tel renversement d’une tendance toute naturelle, l’élan de sympathie envers un «étranger» s’explique alors, en dehors de son charisme personnel, par l’intérêt que des populations, devenues un temps raisonnables, trouvent au projet qu’il leur propose, puisqu’il correspond à leurs aspirations les plus profondes. Elles vont vers «l’étranger» plutôt que vers un «parent», parce que, mieux que ce «parent», l’étranger place à l’horizon de leurs attentes des réalisations qui les tireront de la mauvaise passe où ils se trouvent. Cela s’était vu au Congo-Brazzaville, lors des présidentielles de 1992. Grâce à un séduisant projet de société, l’U.p.a.d.s de Pascal Lissouba s’imposa nettement dans les régions sans lien de parenté culturelle avec son groupe d’appartenance. On vota donc utile; le seul regret étant que l’heureux élu ne soit pas un «parent»!Cela vient de se voir encore en R.D.C, aux présidentielles de novembre 2011. Joseph Kabila se faisant tout naturellement plébisciter «chez lui», certes, mais rencontrant aussi un fort élan de sympathie hors «chez lui», parce qu’il «fait sérieux» et semble doué d’assez de volonté et d’intelligence, pour réaliser des choses intéressantes pour la nation.
Pour une démocratie en Afrique noire sans longue préparation morale et intellectuelle, politique et institutionnelle, comme en Occident où, depuis l’effacement d’Athènes et de Rome, des descendants de Guillaume le conquérant au Moyen-Age (XIIème - XIVème siècle) à la Révolution française de 1789, dans la douleur l’Angleterre et la France tracèrent le chemin de la démocratie, la tendance est donc encourageante. Cependant, au vu de l’ampleur de la contestation des résultats par les vaincus, alors même que ces contestations n’ont objectivement pas d’autre fondement que le refus orgueilleux et enfantin d’une défaite qu’en citoyen, il s’agirait d’examiner, afin d’en identifier les causes, évitant, comme font les mauvais candidats, de penser tout de suite à des fraudes imaginaires.
Il n’est pas exagéré de penser que l’Afrique noire a encore beaucoup de chemin à faire. La démocratie étant faite pour les esprits libérés des entraves de l’idéologie de l’ethnie. Sa réalisation implique, en effet, les vertus de courage, de sagesse et de tempérance pour lesquelles l’Afrique noire indépendante n’a pas, jusqu’ici, montré beaucoup de goût. La longueur du chemin peut, cependant, être réduite grâce à une solide et courageuse éducation à la démocratie. L’effet attendu étant un affaiblissement assez rapide de notre barbarie et de notre sauvagerie, par l’intériorisation d’une meilleure image de l’autre différent, enfin accepté et respecté.
Dominique NGOIE-NGALLA
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politique
jeudi 5 janvier 2012
La démocratie n'est ni pour les gredins, ni pour les barbares: le déficit démocratique nécessite de reprendre le système éducatif
La démocratie, régime politique envers lequel des philosophes de l’Antiquité,(Platon, Aristote) ne cachaient pas leur méfiance, Aristote y voit une forme dégradée de la royauté ou de la République, la démocratie est, pour Paul Ricœur, une aventure éthique. Elle nous place, d’emblée, sur le champ de la morale et de la sagesse où se définissent le bien et le mal et le chemin de la vie bonne. Elle propose et projette, vérifiée dans tous les groupes humains, une organisation sociale en conformité avec un idéal d’humanité clairement défini ici, vaguement perçu là, mais universel. Sans être la région du monde sur le plan des savoirs et des connaissances alors la plus avancée, c’est, paradoxalement l’Occident, et en Grèce, qui eut le mérite de l’invention d’un régime politique qui, comme s’il était contre nature, rencontre bien des résistances dans toutes les sociétés qui l’adoptent. En Grèce antique même où commença l’aventure, dès le départ, les résistances furent vives. Pour tout dire, l’invention de la démocratie, qui heurtait tant les intérêts des nobles, de l’aristocratie et des riches, eut été impensable si la société grecque d’Athènes n’avait présenté, à un niveau exceptionnel, cette aptitude à réfléchir sur le statut ontologique de l’homme et, par ricochet, sur son statut social désiré le plus élevé possible, conforme à la dignité d’un être en lequel Aristote vit briller un éclair divin.
Aux VIIème – VIème siècles, avant notre ère, des penseurs, Anaximandre, Anaximène, Pythagore, Héraclite d’Ephèse, Thalès de Milet, entreprennent de penser le système de l’univers. Apparemment dans un but totalement désintéressé. En fait, inconsciemment, au départ du moins, ils y cherchaient la place de l’homme; ce dernier leur étant apparu comme la réplique en miniature de l’univers dont ils travaillaient à connaître la structure. La découverte des correspondances entre l’ordre de l’univers et la structure de l’homme par les chercheurs grecs fut décisive. Elle allait conduire à la définition du statut social de l’homme bientôt placé par les sophistes au centre de l’univers et mesure et référence de toute chose. Un tel statut éminent de l’homme appelait pour sa mise en application un ordre social spécifique qui lui fût conforme. La démocratie qui exalte la dignité de l’homme naquit ainsi de la réflexion de l’élite intellectuelle grecque. Elle découvre l’homme né libre, pour la liberté, et l’égal de tous ses semblables. Au VIème siècle avant notre ère, et à Athènes, la dure législation de Dracon apparaît comme l’application sociale concrète de la pensée abstraite des philosophes. A Athènes, l’aristocratie est dure à l’homme du petit peuple. En toute légalité, l’Athénien d’origine sociale modeste peut être réduit en esclavage pour dette. Dracon interdit l’inhumaine pratique et veille à l’application de la loi. Aucune surprise, dès lors, si, à l’abordage du Vème siècle avant notre ère, un noble, riche donc, Clisthène, fait adopter par l’assemblée, son projet de création d’un système politique qui place tous les Grecs d’Athènes (riches et pauvres, nobles, aristocrates et gens du peuple) à égalité de droits civiques. Longuement préparé à cette nouveauté bouleversante, la société d’Athènes, dans sa majorité, se jette sans rechigner, dans l’aventure démocratique. Les résultats ne tardèrent pas. Commence alors, pour la ville de Pallas Athéna, la plus grande époque de son histoire: essor économique incomparable, éclat des arts et des lettres, tout, sauf les choses de la guerre, sourit à Athènes, quand Périclès donne de la démocratique une définition que, jusqu’à nous, le temps qui passe et les sociétés qui changent n’ont pas écornée.
Que, plus qu’aucun autre régime politique parmi tant expérimentés à travers l’Histoire, la démocratie hante l’esprit et toutes les sociétés du monde, incline à penser que l’homme est fait pour elle. C’est dans la démocratie qu’il trouve, lorsqu’il peut tenir l’équilibre entre ses droits et ses devoirs, les meilleurs moyens de son épanouissement. Mais justement, pour y arriver, quel labeur! Quel travail d’éducation sans cesse recommencé pour transformer la brute que l’homme est à sa naissance en être humain civilisé, apte à avoir en société, des rapports de bienveillance fraternelle avec d’autres humains. Pour les barbares que nous sommes, la vie démocratique devient une vertu, au sens aristotélicien du terme: vertu comme l’habitude du bien. A force d’entrainement; une ascèse. L’on n’y parvient jamais totalement. L’Occident qui s’y est décidé avance tant bien que mal, et ce que jusque-là il a réussi pour s’arracher à la barbarie native et se hisser sans cesse à un meilleur niveau de conscience ouvre sur de grandes espérances, sa société et l’humanité tout entière. En face de l’Occident dont on peut bien dire que, par rapport à l’idéal démocratique, il est en très bonne voie, les convulsions des démocraties africaines qui souffrent, faute d’éducation, de déficit démocratique, la conséquence malheureuse d’un grave déficit de l’éducation. Il commence sous la colonisation qui met fin au fonctionnement des centres initiatiques, et se creuse avec les indépendances qui produisent pourtant par centaines et par milliers, des diplômés de bon niveau, mais à qui on avait refusé l’éducation de la sensibilité du cœur et de la volonté. La plupart d’entre eux sont si barbares dans l’âme qu’il fallait une bonne dose de candeur et de naïveté, pour espérer rien qui vaille d’une gestion de l’Afrique par des hommes venus des rangs de tels diplômés.
Conclusion: reprendre à zéro, aujourd’hui un système éducatif dans lequel, en limitant tout l’effort au développement des facultés intellectuelles, négligeant l’éducation de la sensibilité, du cœur et de la volonté par les lettres, les arts, l’éducation civique et les voyages, on forme des robots qui ne sentent, ni ne pensent. Tous ces docteurs et tous ces agrégés, qui font l’orgueil de l’Afrique, sont, certes, des gens d’un très haut niveau intellectuel, mais, au vu du comportement rugueux de beaucoup d’entre eux en société, on peut douter qu’ils soient des hommes façonnés pour transformer l’Afrique. Dans l’administration générale et la gestion politique de l’Etat, le tribalisme, (la maladie de la société africaine) serait probablement moins virulent avec des acteurs sociaux à la fois instruits et cultivés, c’est à- dire bien élevés, soulevés au dessus du vulgaire par quelque bel idéal d’humanité qui leur fait prendre conscience de leur communauté de destin avec le petit peuple qu’ils ont le devoir d’aider à grandir. La culture dont l’effet attendu chez les meilleurs est le développement du jugement (elle apprend à penser juste) de l’esprit critique et du goût (la capacité de sentir et d’apprécier la beauté qui manque cruellement à l’élite africaine) la culture qui chez les meilleurs, affaiblit la barbarie et adoucit les mœurs, est indispensable à la maturation de nos démocraties claudicantes. Pour les aider à devenir autre chose que des contrefaçons grimaçantes de la démocratie, les économistes penseront, certes, à l’assainissement de l’économie. Oui, mais peut-on assainir une économie africaine si pourrie, en négligeant la culture qui est, pour l’homme, effort constant de soi sur soi, pour devenir toujours plus humain et, disons le, chaque jour un peu moins barbare? La démocratie n’est pas pour les sauvages et les gredins!
Aux VIIème – VIème siècles, avant notre ère, des penseurs, Anaximandre, Anaximène, Pythagore, Héraclite d’Ephèse, Thalès de Milet, entreprennent de penser le système de l’univers. Apparemment dans un but totalement désintéressé. En fait, inconsciemment, au départ du moins, ils y cherchaient la place de l’homme; ce dernier leur étant apparu comme la réplique en miniature de l’univers dont ils travaillaient à connaître la structure. La découverte des correspondances entre l’ordre de l’univers et la structure de l’homme par les chercheurs grecs fut décisive. Elle allait conduire à la définition du statut social de l’homme bientôt placé par les sophistes au centre de l’univers et mesure et référence de toute chose. Un tel statut éminent de l’homme appelait pour sa mise en application un ordre social spécifique qui lui fût conforme. La démocratie qui exalte la dignité de l’homme naquit ainsi de la réflexion de l’élite intellectuelle grecque. Elle découvre l’homme né libre, pour la liberté, et l’égal de tous ses semblables. Au VIème siècle avant notre ère, et à Athènes, la dure législation de Dracon apparaît comme l’application sociale concrète de la pensée abstraite des philosophes. A Athènes, l’aristocratie est dure à l’homme du petit peuple. En toute légalité, l’Athénien d’origine sociale modeste peut être réduit en esclavage pour dette. Dracon interdit l’inhumaine pratique et veille à l’application de la loi. Aucune surprise, dès lors, si, à l’abordage du Vème siècle avant notre ère, un noble, riche donc, Clisthène, fait adopter par l’assemblée, son projet de création d’un système politique qui place tous les Grecs d’Athènes (riches et pauvres, nobles, aristocrates et gens du peuple) à égalité de droits civiques. Longuement préparé à cette nouveauté bouleversante, la société d’Athènes, dans sa majorité, se jette sans rechigner, dans l’aventure démocratique. Les résultats ne tardèrent pas. Commence alors, pour la ville de Pallas Athéna, la plus grande époque de son histoire: essor économique incomparable, éclat des arts et des lettres, tout, sauf les choses de la guerre, sourit à Athènes, quand Périclès donne de la démocratique une définition que, jusqu’à nous, le temps qui passe et les sociétés qui changent n’ont pas écornée.
Que, plus qu’aucun autre régime politique parmi tant expérimentés à travers l’Histoire, la démocratie hante l’esprit et toutes les sociétés du monde, incline à penser que l’homme est fait pour elle. C’est dans la démocratie qu’il trouve, lorsqu’il peut tenir l’équilibre entre ses droits et ses devoirs, les meilleurs moyens de son épanouissement. Mais justement, pour y arriver, quel labeur! Quel travail d’éducation sans cesse recommencé pour transformer la brute que l’homme est à sa naissance en être humain civilisé, apte à avoir en société, des rapports de bienveillance fraternelle avec d’autres humains. Pour les barbares que nous sommes, la vie démocratique devient une vertu, au sens aristotélicien du terme: vertu comme l’habitude du bien. A force d’entrainement; une ascèse. L’on n’y parvient jamais totalement. L’Occident qui s’y est décidé avance tant bien que mal, et ce que jusque-là il a réussi pour s’arracher à la barbarie native et se hisser sans cesse à un meilleur niveau de conscience ouvre sur de grandes espérances, sa société et l’humanité tout entière. En face de l’Occident dont on peut bien dire que, par rapport à l’idéal démocratique, il est en très bonne voie, les convulsions des démocraties africaines qui souffrent, faute d’éducation, de déficit démocratique, la conséquence malheureuse d’un grave déficit de l’éducation. Il commence sous la colonisation qui met fin au fonctionnement des centres initiatiques, et se creuse avec les indépendances qui produisent pourtant par centaines et par milliers, des diplômés de bon niveau, mais à qui on avait refusé l’éducation de la sensibilité du cœur et de la volonté. La plupart d’entre eux sont si barbares dans l’âme qu’il fallait une bonne dose de candeur et de naïveté, pour espérer rien qui vaille d’une gestion de l’Afrique par des hommes venus des rangs de tels diplômés.
Conclusion: reprendre à zéro, aujourd’hui un système éducatif dans lequel, en limitant tout l’effort au développement des facultés intellectuelles, négligeant l’éducation de la sensibilité, du cœur et de la volonté par les lettres, les arts, l’éducation civique et les voyages, on forme des robots qui ne sentent, ni ne pensent. Tous ces docteurs et tous ces agrégés, qui font l’orgueil de l’Afrique, sont, certes, des gens d’un très haut niveau intellectuel, mais, au vu du comportement rugueux de beaucoup d’entre eux en société, on peut douter qu’ils soient des hommes façonnés pour transformer l’Afrique. Dans l’administration générale et la gestion politique de l’Etat, le tribalisme, (la maladie de la société africaine) serait probablement moins virulent avec des acteurs sociaux à la fois instruits et cultivés, c’est à- dire bien élevés, soulevés au dessus du vulgaire par quelque bel idéal d’humanité qui leur fait prendre conscience de leur communauté de destin avec le petit peuple qu’ils ont le devoir d’aider à grandir. La culture dont l’effet attendu chez les meilleurs est le développement du jugement (elle apprend à penser juste) de l’esprit critique et du goût (la capacité de sentir et d’apprécier la beauté qui manque cruellement à l’élite africaine) la culture qui chez les meilleurs, affaiblit la barbarie et adoucit les mœurs, est indispensable à la maturation de nos démocraties claudicantes. Pour les aider à devenir autre chose que des contrefaçons grimaçantes de la démocratie, les économistes penseront, certes, à l’assainissement de l’économie. Oui, mais peut-on assainir une économie africaine si pourrie, en négligeant la culture qui est, pour l’homme, effort constant de soi sur soi, pour devenir toujours plus humain et, disons le, chaque jour un peu moins barbare? La démocratie n’est pas pour les sauvages et les gredins!
Article paru dans La semaine africaine du jeudi 5 janvier 2012.
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Point de vue
samedi 24 décembre 2011
C'est quoi, au juste, qui retarde l'entrée de l'Afrique noire en modernité?
Les pyramides de l’Egypte sont, affirment des historiens, œuvre de Noirs africains. Il faut alors croire que des dieux jaloux de tant d’audace technologique ne le leur pardonnèrent pas, puisque ces mêmes Noirs africains ne surent plus rien faire par la suite, qui rappelât l’existence, en eux, de cette merveilleuse intelligence qui les avait conduits à de si étonnantes réalisations. Pour toujours, les pyramides d’Egypte porteront la marque d’un génie exceptionnel. A moins de penser qu’une mutation brusque (dans le mauvais sens de l’histoire) du groupe humain auquel appartiennent les Noirs, un matin renvoya les démiurges au néolithique où l’espèce humaine tout entière avait, tout de même, bien qu’ayant progressé, végété encore pendant des millénaires.
Le néolithique! Univers ténébreux, au propre et au figuré. Avec ses peurs et ses terribles angoisses. Une société fermée à l’espérance. Univers de la suspicion et du soupçon, il traque le talent, étouffe et musèle les libertés. Après leurs prouesses égyptiennes trois et quatre fois mémorables, les Noirs africains s’en retournèrent barboter dans les ténèbres du néolithique. Ignorants, sots et grossiers comme à l’origine du monde dont, les premiers pourtant de la race humaine à en croire les savants, ils émergèrent un soir ou un matin.Les y voilà à nouveau, ne sachant plus comment faire pour retrouver l’éclair de génie qu’ils eurent du temps où ils créèrent la gloire de l’Egypte. Mais, on peut douter que ce soient des Noirs de l’Afrique subsaharienne. Des historiens généreux, mais à l’évidence un peu pressés, ont depuis identifié les causes de notre immense infortune. Non sans raison, ils ne la font pas remonter, comme ces mauvais chrétiens blancs, à l’inconscience de notre ancêtre, Cham, coupable, dit-on, d’irrévérence envers son père et, à cause de son imprudence, frappé de malédiction. Ces mêmes chrétiens blancs, soutiennent que la malédiction de l’irrévérencieux ancêtre fut étendue à sa descendance tout entière!
Il s’était passé autre chose bien avantNos historiens, non à tort, classent ces allégations dans les délires de la fiction mythologique, à des fins de justification de conduites des Blancs humainement inacceptables envers les Noirs. Ils préfèrent voir dans l’étrange destin de l’Afrique noire, la conséquence funeste d’une série d’événements dramatiques qui, pendant de longues générations et des siècles, affligèrent le continent noir: l’horrible et effrayante traite des Noirs, et la colonisation qui en fut l’épilogue sanglant.Mais, sans sous-estimer l’ampleur et la profondeur de l’impact psychologique de ces deux faits de l’Histoire de l’Afrique sur les sociétés africaines, l’enquête poussée plus loin révèle qu’il s’était passé autre chose bien avant et dont, pour n’avoir pas fait beaucoup de bruit et traumatisé les consciences des populations affolées comme le firent la traite des Noirs et la colonisation, les conséquences sur le destin de l’Afrique n’allaient pas être moins lourdes.
Plus lourdes même, si on pense que la cause première de l’immobilisme de l’Afrique, la colonisation et la traite des Noirs qui sont sa conséquence lointaine, indirecte n’auraient probablement jamais eu lieu, sans ce funeste enclavement de l’Afrique. C’est de cela, en effet, qu’il s’agit. Une Afrique noire décloisonnée et en contact régulier avec le reste du monde aurait pu, peut-être bien, développer une autre Histoire; une Histoire moins sombre, aux horizons moins problématiques et chargés de plus d’espérance. Et pourtant, dans les mêmes situations d’isolement, quittes à se communiquer entre eux les connaissances de chacun, les Mayas, les Aztèques et les Incas, sans intervention extérieure, réussirent à bâtir une civilisation brillante, quoique assombrie par la pratique joyeuse des sacrifices humains à d’horribles et insatiables divinités. C’est donc qu’ici aussi comme dans d’autres grandes civilisations l’invention et l’usage de l’écriture furent décisifs.
L’écriture est inséparable des progrès de l’esprit humain. En immobilisant le langage articulé, fugitif par essence, l’écriture immobilise la pensée. Celle-ci devient ainsi, dans le temps et l’espace, disponible pour qui veut l’interroger. Le progrès scientifique repose sur le principe du retour critique, de la pensée sur elle-même. Sur l’éternel questionnement de l’acquis. Mais comment, si cet acquis n’est fixé, immobilisé dans ce support matériel qu’est l’écriture?L’écriture a, de la sorte, un versant subversif et révolutionnaire. Grâce à l’écriture, une trop forte érosion de la pensée désormais fixée, immobilisée, devient impossible. En écrivant, l’homme sauve la société de la stagnation et de la répétition stérile du même.Aujourd’hui, l’Occident en tête, toutes les régions de l’humanité en procès de développement rapide sont celles où l’écriture figure en bonne place dans le patrimoine culturel des populations. Or, sauf en sa corne où le contact avec l’Orient mésopotamien, et l’invention d’une écriture authentique propulse l’Ethiopie dans la modernité des civilisations méditerranéennes d’alors, coupée des grandes civilisations de l’époque et, plus grave, privée d’écriture, l’Afrique noire végéta, plongée dans les ténèbres des civilisations et des cultures éternellement balbutiantes.
L’esclavagisme arabe et la traite des Noirs, plus tard, la surprennent dans cet état et l’enfoncent encore plus dans les abîmes de la sous-humanité. La colonisation, trop cupide, en dépit de ses bonnes intensions, ne la relèvera pas. Mais, dans son acception actuelle, c’est quoi la modernité et à quels signes la reconnaître? A l’usage systématique de la raison critique qui, au fil des générations et des siècles, sculpte une tradition qui balise la marche des sociétés humaines à chaque pas libérées des peurs paralysantes. En Occident, la pratique se systématise avec les présocratiques (VIè - V siècles avant notre ère) Socrate par Platon et Aristote le disciple de Platon donnant naissance à la philosophie, forme de la culture qui fournit à l’esprit qui s’y adonne, les moyens d’une réflexion systématique sur tous les problèmes de son temps et de sa société. La réflexion philosophique devient, à partir des socratiques, et de Socrate lui-même, un levier du progrès de l’esprit et du développement. Parce qu’elle décloisonne la société, libère l’individu qui, de ce fait, devient un acteur actif du développement. Or, la philosophie ainsi définie est fille de l’irrévérence. Poussé par la soif de connaissance vraie, et conscient de sa dignité, l’homme désormais soumet toute chose à un questionnement systématique, n’épargnant pas même le sacré. Le bonheur du philosophe et de l’homme qui sait est dans la quête de la connaissance vraie: «Felix qui poduit rerum cognoscere causas!». Sur le plan de la pensée politique, de telles exigences de l’esprit humain débouchent sur la naissance de la démocratie. Il n’est, donc, pas étonnant que celle-ci soit née à Athènes, la capitale de la philosophie et de la pensée libérée.
L’immobilisme, la grande caractéristique des sociétés africainesA l’opposé de l’Occident intellectuellement décloisonné à force de raison critique et de pensée philosophique, impossible à imaginer, sans l’écriture, l’Afrique analphabète et cloisonnée ne peut faire une lecture rationnelle du monde et de l’univers. Elle se contente de connaissances approximatives et empiriques où le mythe le dispute à la fable et à la légende. Les conséquences sur l’évolution historique et sociale d’une telle posture de l’esprit sont terribles. On a, là, l’explication à l’immobilisme qui est la grande caractéristique des sociétés africaines paralysées par une sorte d’horreur de l’invention. Les esprits même les plus doués dont pourtant le talent ou le génie s’épanouiraient magnifiquement, placés en milieu favorable, paraissent frappés d’engourdissement. A l’écart des voies où souffle le vent et où brûle le feu purificateur de la raison critique et de la philosophie (qui n’est pas simple affirmation sur les choses, mais interrogation et examen systématiques du réel), en pleine époque de la modernité épanouie, l’Afrique noire est restée le continent des peurs absurdes et de la révérence obséquieuse à l’autorité d’une tradition qui ne véhicule pas toujours des valeurs sûres. Le continent de la révérence obséquieuse à des dirigeants de légitimité souvent douteuse, mal fondée, inaptes à gérer des sociétés modernes, mais qui se donnent cependant pour des traceurs des voies du futur! Opprimant les libertés maintenues dans la servitude par l’affaiblissement du pouvoir d’achat du petit peuple, reconduisant, de générations en générations, un système éducatif inventé par des colonisateurs racistes pour maintenir le Noir dans son statut de sous-homme au service de la race supérieure et blanche, voilà l’Afrique actuelle. Voraces et mesquins, bien des dirigeants africains sont, à la vérité, d’horribles éteignoirs.
Désavantagée par la difficulté de communiquer avec le reste du monde, surtout avec des voisins dont le dynamisme de la civilisation lui eût été d’un grand profit, il était difficile à l’Afrique subsaharienne de bâtir des sociétés et des civilisations inventives, aptes d’instincts, à saisir la moindre occasion pour répondre à l’aspiration à monter toujours plus haut, à aller toujours plus loin, qui est au fond de l’homme, de tout homme. Ce handicap historique continue de peser sur l’Afrique noire d’aujourd’hui retarde son entrée en modernité.
Dominique NGOIE-NGALLA
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Histoire
dimanche 18 décembre 2011
Le projet spirituel de l'être humain, un désir d'affirmation de l'esprit sur la chair
A l’âge de la modernité qui réhabilite le corps et tous ses appétits, chrétiens, guides religieux, la continence sexuelle et la chasteté, pourquoi faire? S’il est vrai, comme l’affirment les théologiens, que Dieu souffre des fautes et des écarts de conduite des hommes, surtout sils sont chrétiens, il faut en conclure que, dans la chrétienté du Congo où tant de fidèles se moquent pas mal des commandements de Dieu, tout en ayant en permanence son nom à la bouche, Dieu est vraiment en enfer! Une telle licence des mœurs dans la communauté priante qui, paradoxalement, en même temps, développe une singulière débauche de ferveur religieuse! Avec le vol, crapuleux ou déguisé sous la subtilité de procédés apparemment honnêtes et licites, la licence sexuelle et des mœurs est ce qui s’impose à l’observateur dans le phénomène social de relâchement moral au sein de la chrétienté du Congo. Que la raison ou la cause en soit économique, politique et culturelle, rien de plus vrai.
Une crise sociale profonde a ainsi mis à rude épreuve la conscience chrétienne qui devrait lui servir de môle. A cette conscience chrétienne dénervée et aseptisée, la pratique de la continence sexuelle et de la chasteté par exemple, hier sous vigilance permanente, apparaît aujourd’hui comme une invention ridicule et insensée d’hommes et de femmes d’autrefois. Conséquence, dans leurs homélies, les prêtres et les pasteurs ne tonnent plus contre le pêché de la chair! Et il semble s’être imposée aux chrétiens l’idée qu’il est impossible qu’un Dieu sage ait pu imposer des règles aussi inutilement rigides, dans un acte naturel dont la conséquence heureuse est de révéler à ceux qui l’accomplissent, la signification profonde de l’existence et de la vie octroyées aux humains par un Dieu bon. Et les Cathares sont vraiment plaisants qui réprimaient le sexe! Dans cette atmosphère délétère de retour agressif du paganisme, les guides religieux congolais ne font plus reposer, comme naguère, leur autorité morale et leur respectabilité sur une vaste culture générale, et l’austérité des mœurs nimbée d’innocence candide, mais plutôt (inculquée à la conscience populaire) sur la croyance en des pouvoirs extraordinaires que conféreraient, au prêtre et au pasteur, leur état et leur statut d’oints de Dieu! De telles affirmations grotesques emportent, malheureusement, la conviction joyeuse de bien des âmes simples et crédules. Il faut le répéter, parce qu’elles exigent un rien d’héroïsme, la continence sexuelle et la chasteté élèvent, ennoblissent qui les pratique. Elles sont, pour l’ecclésiastique qui en a prononcé le vœu et y reste fidèle, source de respect et de considération sociale. Et, il faut être vraiment mal informé, pour croire que la continence sexuelle, circonstancielle ou à vie, est une invention des missionnaires européens. Il faut avoir lu Mathieu de travers, pour en faire une invention des modernes. En ce qui concerne la chasteté consacrée des clercs, Paul n’était pas passé par quatre chemins. Que ceux qui n’ont pas de dispositions à exercer les fonctions du sacerdoce chrétien comme s’ils étaient des énuques, crie l’apôtre des gentils, fassent autre chose. Ils ne sont pas faits pour le sacerdoce chrétien. Et pourquoi, si l’on n’est ni chrétien, ni ecclésiastique, ces vertus si difficiles?
La continence sexuelle est une aspiration humaine universelle. L’homme de toute l’humanité pense, au fond de lui, à son insu même et en dehors même de toute intention pieuse et de dévotion, que la chasteté décuple les chances de l’homme qui engage une action. Dans l’Afrique ancienne, pour être efficaces, certaines activités exigeaient de ceux qui les menaient, un temps de préparation spirituelle et de purification de l’âme, qui passait par l’imposition à soi de contraintes sexuelles. La suspension des rapports sexuels, les jours précédant l’exercice de ces activités, était une règle générale. Le forgeron, le pêcheur, le chasseur, le laboureur s’y soumettaient de bonne grâce. Nos ancêtres avaient ainsi établi un lien nécessaire entre l’innocence du cœur et de l’âme (que, même légitime, le rapport sexuel ne laisse jamais intacte) et ce que nous appelons la chance, c est-à-dire le sourire favorable de la divinité. Bien heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu (serment des béatitudes). Les femmes beembe du Congo, pour espérer une bonne récolte, faisaient planter l’igname par des enfants innocents. On comprend alors que le prêtre chrétien et le pasteur, grâce à l’intervention desquels Dieu descend parmi les hommes, se doivent de se garder chastes et purs.
Certes, même administré par un pourceau de prêtre, le sacrement reste valable et la messe dite par lui valable aussi. Je suis cependant incliné à croire que quelque chose d’autre s’ajoute lorsque le prêtre est en règle avec Dieu; ou, davantage, est un saint homme. En tout cas, dans notre quête de spiritualité, la chasteté reste un merveilleux support.Que la continence sexuelle, et surtout la chasteté consacrée soient difficiles à vivre, quel adulte l’ignore? Mais, certainement, une vie réglée, la prière et l’étude aident à les vivre avec sérénité, les chrétiens et tous ceux à qui leurs fonctions et leurs statuts social font obligation d’être continents et chastes. Ils attirent, s’ils sont fidèles, les grâces de Dieu sur la communauté. Certes, pour l’observance de la continence sexuelle et de la chasteté, les temps sont difficiles.
En instituant le culte du corps et en légitimant tous ses appétits, en laissant l’initiative à la nature qui refuse les tabous et les contraintes, la société moderne veut désacraliser le sacré, afin de le vivre selon les lois et les désirs de la chair. Or, contrairement à la brute et à l’animal privés de conscience et de projet spirituel, l’homme n’est pas qu’une masse de chair livrée à la tyrannie des sens. Conscient ou non, clairement dessiné ou non, il a un projet spirituel qui est désir d’affirmation de l’esprit sur la chair. Cependant, il ne peut réaliser ce projet sans un minimum d’ascèse, d’exercices contraignants qui, de façon progressive, amènent la chair à faire la volonté de l’esprit. Les Beembe du Congo ont un mot pour désigner cette politesse de l’âme attentive à assurer et à maintenir la supériorité de l’esprit sur la chair: «kinkende». Le kinkende, rapport surveillé de soi à soi, et de soi aux autres, mène à la vertu celui qui se soumet à ses exigences. Celles-ci peuvent se résumer en l’effort constant pour maîtriser ses sens, réguler la force de ses pulsions. Puissant comme l’instinct de conservation, la pulsion sexuelle doit, cependant, être disciplinée, si nous voulons faire quelque chose de notre pauvre existence ballotée par tant de vents contraires. Chez les femmes et les hommes qui ont renoncé aux plaisirs de la table, de la chair et du lit, afin d’être à plein temps au service de Dieu et du monde, la pratique évangélique des vertus cardinales de foi, d’espérance et de charité garantit l’observance de la chasteté et en révèle la profondeur du sens.
Dominique NGOIE-NGALLA
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REFLEXIONS ACTUELLES
Par Dominique Ngoïe Ngalla qui nous livre ses réflexions sur le monde d'aujourd'hui : de l'Afrique clopinant sur le chemin de la modernité au reste du monde, de la complexité des enjeux politiques aux péripéties du fait religieux, nous découvrons sous la plume de cet homme de lettres l'âme du poète qui rêve d'un autre monde, mais n'oublie ni les brûlures de l'histoire ni la dure réalité du temps présent...
Quelques ouvrages de Dominique Ngoïe-Ngalla...
L'Evangile au coeur de l'Afrique des ethnies dans le temps court ; l'obstacle CU, Ed. Publibook, 2007 .
Route de nuit, roman. Ed. Publibook, 2006.
Aux confins du Ntotila, entre mythe, mémoire et histoire ; bakaa, Ed. Bajag-Méri, 2006.
Quel état pour l'Afrique, Ed. Bajag-Méri, 2003.
Lettre d'un pygmée à un bantu, mise en scène en 1989 par Pierrette Dupoyet au Festival d'Avignon. IPN 1988, Ed. Bajag-Méri, 2003.
Combat pour une renaissance de l'Afrique nègre, Parole de Vivant Ed. Espaces Culturels, Paris, 2002.
Le retour des ethnies. La violence identitaire. Imp. Multiprint, Abidjan, 1999.
L'ombre de la nuit et Lettre à ma grand-mère, nouvelles, ATIMCO Combourg, 1994.
La geste de Ngoma, Mbima, 1982.
Lettre à un étudiant africain, Mbonda, 1980.
Nouveaux poèmes rustiques, Saint-Paul, 1979.
Nocturne, poésie, Saint-Paul, 1977.
Mandouanes, poésie, Saint-Paul, 1976.
L'enfance de Mpassi, récit, Atimco, 1972.
Poèmes rustiques, Atimco, 1971.
